Le dossier de l’éducation, soumis hier au débat, à l’occasion de l’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’APW de Bouira, a soulevé de vives critiques de la part des élus. Ces derniers, toutes tendances confondues, ont dressé un tableau peu reluisant de la situation qui prévaut au niveau de ce secteur à travers la wilaya. Les premiers élus qui se sont exprimés, en l’occurrence les membres de la commission de l’assemblée chargée de l’éducation, ont présenté un rapport très critique sur l’état de l’ensemble des infrastructures éducatives à travers les trois paliers. Images à l’appui, les membres de la commission ont dénombré moult carences et défaillances, aussi bien sur le plan de l’infrastructure que de l’encadrement. Absence de chauffage, manque d’hygiène, absence de sécurité vétusté de l’infrastructure et des équipements, manque d’agents d’entretien… sont autant de points noirs recensés par les élus de la commission. A l’ouverture du débat, les dizaines d’élus qui se sont exprimés n’ont fait que conforter le constat établi par leurs camarades de la commission de l’éducation. Le palier où ont été relevés le plus de carences demeure, selon les intervenants, celui du primaire. Au niveau de ce palier, l’état de dégradation touche aussi bien les cours de récréation que les salles de classes. Ce qui a fait dire à un élu que certains établissements ne disposent même pas d’un minimum de commodités pour accueillir les élèves dans de bonnes conditions. Pour un autre élu, c’est plutôt la gestion des écoles primaires par les communes qui pose problème. D’où sa proposition de revoir cette manière de gérer. Evoquant le volet hygiène en milieu scolaire, certains élus évoqueront l’apparition de maladies gynécologiques chez des fillettes scolarisées au niveau de certains établissements. Ce phénomène est dû,; en partie, au manque d’hygiène dans les sanitaires et à l’absence d’eau dans celles-ci. La surcharge des classes, notamment en ville, le transport et la santé scolaire, sont également quelques-unes des préoccupations des élus. Au sujet de la sécurité aux abords des écoles, dans un contexte marqué par la recrudescence des kidnappings d’enfants à travers plusieurs régions du pays, les élus de l’APW ont appelé à renforcer la sécurité mais aussi à mettre en place des cellules d’écoute pour assurer un suivi psychologique aux apprenants. Autre point noir évoqué lors de la plénière, le danger qui guette les lycéens d’Ath Laaziz. A préciser qu’un glissement de terrain menace sérieusement cet établissement. D’aucuns, parmi les intervenants, se sont d’ailleurs interrogés sur les conditions dans lesquels a été réalisé ce lycée qui a ouvert ses portes, il y a peine deux ans. A ce propos, des élus ont préconisé plus de rigueur dans le suivi des réalisations des établissements scolaires. Toujours dans le même ordre d’idées, un élu s’est dit étonné de voir des établissements livrés en l’absence de chauffage et autres équipements pédagogiques. L’enseignement de Tamazight a, lui aussi, suscité beaucoup d’interrogations de la part des élus. Ces derniers ont tenu à dénoncer certaines pratiques visant à instituer des fiches de vœux pour ceux qui veulent apprendre cette langue. Pour ces élus, Tamazight n’est pas traitée au même pied d’égalité avec les autres matières. L’enseignement de Tamazight est assuré normalement dans certaines écoles, seulement, de la ville de Bouira. Un élu a carrément appelé à la généralisation de l’enseignement de cette langue dans les établissements scolaires. Pour rappel, la question de l’enseignement de Tamazight à travers la wilaya de Bouira avait fait l’objet de nombreuses interpellations de la part des élus lors de la précédente mandature, sans que des avancées notables ne soient enregistrées. Pour sa part, le directeur de l’éducation (DE) est revenu sur les indicateurs de son secteur, notamment sur les réalisations. Il s’est montré plutôt satisfait de l’état de son secteur.
D. M.
