Le comité de soutien se mobilise

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Le comité de soutien aux jeunes détenus de Takerboust s’est mobilisé une fois de plus, en organisant, dans l’après-midi de vendredi dernier, un meeting populaire, sur la place du village, afin de dénoncer «les personnes qui sont derrière la détention des jeunes innocents».

Ce comité de soutien, créé au lendemain de l’arrestation d’une dizaine de jeunes du village, n’a eu de cesse d’exiger leurs libérations. Pour rappel, durant la journée du 29 novembre dernier, date du scrutin des élections communales, plusieurs dizaines de personnes avaient pris part à des heurts avec les forces de police dépêchées sur les lieux. Au cours des jours suivants, une dizaine de personnes avaient été arrêtées et des poursuites judiciaires avaient été engagées contre 16 autres manifestants pour divers motifs : attroupements illicites, dégradations de biens publics, incitation à l’émeute, coups et blessures envers des agents des forces de l’ordre, vols… Dans un communiqué rendu public, ce comité qui prend en charge la défense des jeunes arrêtés abusivement, revendique l’intervention d’une commission d’enquêtes par les autorités compétentes wilayales et nationales pour s’enquérir sur la réalisation et la gestion des projets au niveau de la commune d’Aghbalou.

Selon les dires d’un proche d’un jeune détenu, la situation est grave, mais surtout inexplicable. « Au lendemain des dernières élections, des échauffourées sont éclatées, un peu partout, à travers le pays. Cela a été le cas à Bordj Bou Arréridj, à Barbacha, dans la wilaya de Béjaïa, cependant, les auteurs des protestations n’ont pas croupi en prison comme c’est le cas des 10 jeunes de Takerboust qui entameront, bientôt, leur quatrième mois de détention….ils ne méritent pas la prison, il y a des jeunes parmi eux de 18, 19 et 20 ans qui ne connaissent rien en la politique. Leur seul tort est de ne pas savoir comment s’exprimer pour s’élever contre l’injustice qui frappe notre commune… ». Le comité de soutien comprend essentiellement les parents des détenus, des proches et des habitants du village qui exigent la libération des prisonniers, mais aussi et surtout à ce qu’une commission d’enquête soit dépêchée rapidement. Via le meeting tenu par le biais d’une déclaration largement placardée, le comité de soutien veut notamment« éclaircir certains enjeux du refus de diligenter une telle commission ». Pour les rédacteurs de cette déclaration, ce refus serait justifié par « la peur de la mafia locale liée aux décideurs de la wilaya d’une commission d’enquête sur la dilapidation des biens de l’Etat, la mauvaise réalisation des infrastructures dont avait bénéficié la commune et qui ne profitent pas aux citoyens du village, voire de la commune». Pour rappel, durant le 19 mars dernier, les membres de ce comité avaient observé un sit-in devant le tribunal de Bouira. Le procureur, qui avait reçu une délégation de parents de détenus, leur avait demandé de patienter une dizaine de jours pour étudier le dossier. Pendant le jour même de cette manifestation, deux autres jeunes, qui faisaient l’objet de poursuites judiciaires, pour les mêmes accusations, ont été appréhendés par les forces de l’ordre. Les membres du comité de soutien affirment que les sections de la LADDH de Bouira et de Béjaïa ont été saisies et qu’une missive sera rédigée, au cours de la semaine, pour interpeller le wali de Bouira et le président de la République sur le sort des 12 détenus de Takerboust.

Hafidh B.

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