Les travailleurs de l’unité de cuisinières du complexe de l’électroménager ENIEM ont observé deux journées de protestation, lundi et mardi, paralysant son atelier mécanique.Cette grève, initiée par près de 500 travailleurs, selon les dires de leur représentant, est au centre d’une controverse douteuse quant à ses origines alimentée par des déclarations contradictoires des membres de la section syndicale affiliée à l’UGTA.Ainsi, à en croire un gréviste, la source de la protestation est “la marginalisation des compétences de l’unité, œuvre de son directeur”.Et d’ajouter que “la goutte qui a fait déborder le vase est la note de restriction émanant de ce même directeur interdisant de réchauffer le couffin-déjeuner pour les travailleurs”.Aussi, il a été retenu contre M. Hassani “l’ingérence quasi-quotidienne dans les attributions ses chefs d’équipes et de services”.Hier, il nous a été impossible de joindre le directeur incriminé pour connaître sa version. Le président du comité de participation, M. Aguini, demeurait aussi injoignable.Dès lors, nous avons pris attache avec M. Chabane, membre de la même section syndicale qui a tenu un discours différent à propos de cette grève.Le syndicaliste qui a tenté de minimiser les faits a longuement insisté sur l’imminence du règlement du problème.“Ce n’est qu’un petit mouvement de protestation lié aux conditions de travail”, rassure-t-il. Comme pour ne pas amplifier la chose, M. Chabane précise que “le problème sera pris en charge par l’employeur, c’est l’engagement tenu par le directeur des ressources humaines”.Interrogé sur les conditions de travail dans cet atelier, notre interlocuteur avoue que celles-ci demeurent très difficiles : “Les ouvriers interviennent sur des machines très usitées et qui émettent des gaz toxiques. ça nuit énormément à la santé des travailleurs”.Un aveu choquant que M. Chabane tentera de minimiser en précisant qu’une équipe d’ingénieurs est en action pour tenter de solutionner ce “problème technique”.Quoi qu’il en soit, si cet aveu s’avère vrai, il y va de la santé de plusieurs certaines de travailleurs qui manipulent des machines “nocives”. A moins que l’entreprise soit prête à assumer un scandale lié à la santé des personnes longtemps exposées aux gaz toxiques.
M. A. T.
