Draâ El Mizan – Le maire pointé du doigt

Les membres de l’association des non-voyants de Draâ El-Mizan dénoncent « la Hogra et le déni de justice » dont ils se disent être victimes de la part du P/APC de Draâ El-Mizan, à travers une lettre ouverte, signée par le président de ladite association. Les membres de cette association précisent que le P/APC les a, en effet, privés d’une partie des locaux qui leurs ont été affectés. « Cette frange de citoyens atteints de cécité que la vie n’a pas gâté assistent impuissants à l’arbitraire et au déni de leurs droits, sans posséder aucun moyen de faire face aux abus de l’administration qui les prive d’une partie des locaux qui leurs sont affectés et qui sont détournés à des fins personnels », ont-ils, en effet, écrit. Les rédacteurs du document interpellent les autorités concernées pour mettre fin à leur calvaire et leur rendre leurs locaux. Ils expliquent, à travers leur lettre, qu’ils occupent ces lieux depuis 24 années. « Nous sommes installés dans notre siège depuis 24 ans, avant que l’actuelle APC ne nous retire un local dans lequel elle a décidée de loger provisoirement une famille qui, par la suite, a bénéficiée d’un logement social », ajoutent-ils en poursuivant que « l’APC a utilisé cet alibi pour procéder de la même manière à l’attribution de ce local à une seconde personne qui a libéré les lieux en date du 14 avril dernier, après avoir obtenu un logement social. Par la suite, l’APC a continué à utiliser cet argument pour y loger une troisième personne, le 15 avril dernier, en vue de lui offrir prochainement un logement social, pendant que notre association souffre de l’exigüité et du peu d’espace qui lui reste de son siège, et assiste, impuissante, à cette honteuse tyrannie ». Selon un membre de cette association, joint par téléphone hier dans l’après-midi, l’un des anciens occupants de ce local est un médecin, tandis que l’autre est fonctionnaire à la mairie. Le même document indique qu’en date du 20 avril dernier, en rejoignant leur siège, les membres de l’association des non-voyants de Draâ El-Mizan avaient trouvé le portail fermé par cette troisième personne qui squatte les lieux. A cet effet, ils dénoncent cette pratique qu’ils qualifient d’« illégale » et qui, selon eux, consiste à utiliser ce local comme « passerelle, en vue de faire bénéficier certaines personnes privilégiées de l’entourage du maire, d’un logement social, au détriment de notre association, sachant que les indus occupants qui se sont succédés dans ce local étaient exonérés du paiement du loyer et des factures de l’eau et d’électricité charges qui sont réglées sur le budget de l’Etat ». Par ailleurs, ils indiquent que cette situation a fait l’objet de plusieurs plaintes adressées aux autorités locales, mais en vain. « Le P/APC n’a trouvé d’autre réponse à nos doléances que de nous rétorquer, avec mépris, en ces termes : faites ce que bon vous semble. Coupez les routes, allumez les pneus ou attaquez-moi en justice. Je fais ce que je veux ! », Disent-ils. Les rédacteurs de ladite lettre concluent en affirmant qu’« un projet d’école de braille au profit d’aveugles de notre association n’a pas pu voir le jour à cause, justement, de cette situation que nous dénonçons fermement auprès des autorités concernées, dans l’espoir qu’une solution lui soit apportée dans les meilleurs délais ».

Samira Bouabdellah