Une personne en meurt toutes les 15 secondes

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À l’occasion de la célébration de la journée mondiale de santé et sécurité au travail, le service de médecine du travail du CHU de Tizi-Ouzou a organisé avant-hier jeudi, une journée d’information et de prévention.  Selon le professeur Zatout, chef de service de la médecine du travail, « toutes les 15 secondes, 160 personnes sont victimes d’un accident lié au travail et une personne meurt d’un accident ou d’une maladie liée au travail ». Ce qui signifierait qu’en une journée, près d’un 1 million de personnes sont victimes d’accident de travail et environ 5 500 autres décèdent suite à une maladie ou à un accident lié à leur travail !  Dans son allocution d’ouverture, le directeur général du CHU, le professeur Ziri, a déclaré qu’à l’occasion de la journée mondiale de santé et de sécurité au travail, « le CHU a voulu marquer l’événement et apporter sa contribution en organisant cette journée d’information et de prévention, qui est devenu, désormais, une tradition ». Selon le bilan des activités du service de médecine du travail, que le professeur Ziri a lui même présenté 109 entreprises et organismes sont couverts par ledit service, parmi lesquelles le CHU, l’ENIEM, la sûreté nationale, la Protection Civile, la CNAS et l’ADE. Il ajoutera que 8361 travailleurs ont été pris en charge par le service de médecine du travail durant l’année  2012, et cela en dehors des salariés des 109 entreprises couvertes. Pour les conventions signées entre le service de médecine du travail et les structures et entreprises, l’intervenant dira que leur nombre est de 890, dont 600 n’ont pas répondu à la programmation et 290 sont reconduites pour l’année 2012.  Par ailleurs, on apprendra que les travailleurs pris en charge ayant présenté une maladie chronique représente 10.7%. Alors que le risque physique (poussière, les rayons ionisants…),  biologique (bactérien, virale…) chimique (détergents, désinfectants, solvants, Isocyanate…)  et ergonomique, constituent les risques les plus importants. Il est à noter que seules 11 maladies professionnelles ont été enregistrées et déclarées par le service de médecine du travail, soit 0.1% du total des travailleurs examinés. Un chiffre qui ne reflète nullement le risque réel existant dans les entreprises, surtout qu’il y a un manque de sensibilisation concernant le dépistage au sein des les travailleurs qui ne répondent même pas à la visite médicale programmée. Le personnel de radiologie est tenu de faire des visites périodiques à « l’agence de l’énergie atonique à Alger » conformément à la réglementation. Le professeur Ziri déclarera à la fin de sa communication : « On est loin de la réalité des chiffres, car dans ce bilan, il n’est question que des cas déclarés à la sécurité sociale».  Selon l’OIT (Organisation Internationale du Travail) et l’OMS, la violence psychologique, incluant le harcèlement est plus fréquente que la violence physique dans le secteur de la santé. En moyenne, prés de 45% des personnes interrogées dans le cadre d’études disent avoir subi une forme de violence psychologique, contre 8,5% victimes de violence physique. De plus, 40% à 70% des victimes de violence psychologique déclarent souffrir de graves symptômes de stress post-traumatique. L’OMS prévoit qu’en 2020, la dépression sera la 2ème cause d’incapacité à l’échelle mondiale, après les maladies cardiovasculaires. Les syndicats interprofessionnels peuvent être une alternative de recours pour ces victimes d’accidents et de maladies au travail. Ils devraient être porteurs de revendications syndicales en matière d’hygiène, de sécurité et d’amélioration de conditions de travail.    

Karima Talis

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