Le calvaire au quotidien

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Tabouanant compte parmi les villages de la commune d’Ighil Ali les plus sévèrement confrontés aux affres de l’enclavement, dû à l’absence du transport. 

«En été comme en hiver, qu’il neige, qu’il vente ou qu’il fasse beau, nous faisons toujours face  aux mêmes souffrances. Les jeunes généralement se déplacent à pied, pour rallier les village limitrophes ou gagner le centre d’Ighil Ali», témoigne un jeune de Tabouanant. « Se faire délivrer un document d’état civil, encaisser sa retraite ou changer un pansement, c’est s’astreindre à une course d’obstacles, autant dire le parcours du combattant », renchérit un sexagénaire du village. Le seul accès qui desserve Tabouanant, à partir de la route nationale N106, est une piste, truffée de bosses et de nids-de-poule et serpentant une enfilade de monts et de vallons. « Parcourir un trajet de 5 Kms, c’est loin d’être une sinécure. Le comble c’est que même au prix de ce grand effort, on n’est pas au bout de sa peine, car pour arriver à la RN106, il faut guetter l’hypothétique passage d’un fourgon de voyageurs, pour rejoindre Ighil Ali ou Akbou », explique un autre habitant du village. Et d’enchaîner : « Nous sommes les oubliés du développement, les autres communes ont toutes bénéficié de travaux de revêtement des chemins, l’amélioration de la qualité de service au niveau des mairies, les hôpitaux, les postes et Ighil Ali, malheureusement, fait l’exception».D’autres citoyens de Tabouanant estiment que si la route desservant leur village était correctement retapée, l’infortune de ses habitants prendrait la poudre d’escampette. Les citoyens pensent que seul le bitumage des routes qui pourra mettre un terme à ce problème de transport qu’ils endurent quotidiennement. « Tant que notre route demeure à l’état de piste, aucun transporteur privé ne serait intéressé de desservir le village», dira un quadragénaire de Tabouanant.                

N. Maouche

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