Le CW 42 A dans un piteux état

Le chemin de wilaya 42 A qui relie le village de Béni Mansour, à celui d’Aftis, à l’est de la commune de Boudjellil, sur une distance de 14 km, est actuellement dans un état on ne peut plus lamentable. Même réhabilitée au printemps de l’année 2004, pour un montant global de 3,9 milliards (bitume et « ouvrages d’arts »), cette voie, dont restent tributaires le désenclavement et le développement de cette commune de 13. 000 habitants, n’est littéralement plus carrossable. Tout d’abord, on peut constater que sur le tronçon de 7 km bitumé entre Aftis et Béni Mansour, le « tapis d’enrobé » a déjà cédé à bien des endroits, d’abord sous l’écrasement des camions de gros tonnage qui s’y succèdent mais aussi parce que dans les travaux bâclés et expédiés, réalisés à l’époque, on a mis, au second plan, les opérations de démantèlement de l’ancien bitume et évité par ricochet la fameuse phase de compactage qui est impérativement nécessaire lorsqu’on tient à donner une assise correcte au nouveau goudron. Les modestes ouvrages ayant accompagnés le goudronnage de cette route, négligée depuis l’Indépendance du pays, n’ont pas eu plus de succès que le reste du projet qui avait provoqué la colère des citoyens. Et pour cause, ils affichent leurs limites durant l’hiver 2005, qui aura connu une forte pluviométrie, à l’origine d’intempéries. La partie de la route qu’on a jugée assez bonne pour ne pas être réhabilitée, se trouve maintenant le théâtre d’une légion de nids-de-poule qui empoisonnent au quotidien le passage des usagers. Il faut reconnaître que le manque cruel de maintenance et l’absence littérale des voies de drainage des eaux pluviales, constituent un concours de circonstances justifiant la « mort » prématurée de cette route qui était promise pour redonner la vie à toute une région laissée-pour-compte. Cette ancienne route communale, promue au rang de chemin de wilaya, depuis plusieurs années, continue à être reléguée au second plan alors que sa promotion au statut de route nationale est plus que probable. La rénovation d’une telle voie a, au moins pour mérite d’atténuer la tension qui s’exerce sur la RN 26, par laquelle, nombre d’usagers de l’Est et du Centre du pays, contournent, bravant la congestion prévalant et les risques d’accidents omniprésents qui les guettent. Pour rappel, cette route est un passage obligatoire pour des milliers de véhicules, à destination de Béjaïa, cette autre capitale économique du pays, convoitée pour son sable, ses industries agro-alimentaires et ses entreprises portuaires florissantes.

Z. Fawzi