Le Premier ministre turc, Erdogan, a annoncé mardi, en marge du Forum des chefs d’entreprises, la prorogation, de dix ans, de l’accord énergétique entre les deux pays et souhaité que leurs échanges commerciaux doublent rapidement, pour atteindre les 10 milliards de dollars.
Devant les parlementaires, il a également fait part de son enthousiasme à l’idée que, depuis sa première visite en Algérie en 2006, les échanges commerciaux entre les deux pays ont doublé (environ 5 milliards de dollars en 2012). Toujours à l’hémicycle du boulevard Zirout Youcef, le Premier ministre a émis, le vœu de supprimer les visas d’entrée entre l’Algérie et la Turquie. « Nous avons supprimé les visas d’entrée avec 70 pays, alors pourquoi pas avec l’Algérie», a-t-il indiqué dans son discours prononcé devant les membres de l’Assemblée populaire nationale. La suppression des visas d’entrée entre l’Algérie et la Turquie encouragera, a-t-il dit, les échanges entre les deux pays, notamment dans le domaine touristique. Toutes ces déclarations, faites au premier jour de sa visite en Algérie, dénotent de l’étendue des échanges que souhaite le Premier ministre turc avec l’Algérie.
«Notre amitié avec l’Algérie remonte à Kheireddine Barberousse»
L’Histoire n’a pas été en reste lors de cette visite du Premier ministre turc, puisqu’elle semble constituer le substrat idoine pour amorcer avec l’Algérie un nouveau virage dans les relations entre les deux pays. «Notre amitié avec l’Algérie repose sur un socle historique qui a commencé avec Kheireddine Barberousse et nous garderons pour toujours en mémoire que les soldats algériens ont refusé de tirer sur les Turcs lors de l’invasion française dans le sud de la Turquie», a déclaré l’hôte de Abdelmalek Sellal, lors de son discours devant les députés. Et d’ajouter : «Nous passons par des moments politiques sensibles dans notre région et la Turquie tout comme l’Algérie, qui se situent géographiquement dans des zones de crises, ont choisi d’êtres solidaires de leurs pays voisins». Toutes ces raisons ont pour conséquence la levée de tous les obstacles entre les deux pays, afin de hisser les relations à des niveaux plus importants et densifier les échanges économiques pour arriver à un seuil de 10 milliards de dollars d’échanges, au plus tôt. De son côté Abdelmalek Sellal n’a pas lésiné sur les mots pour qualifier la relation entre les deux pays de bonne et que le meilleur reste à venir : «L’Algérie s’engage à hisser la concertation, le dialogue politique, ainsi que la coopération économique et culturelle avec la Turquie, au niveau attendu par les deux pays». Ces propos renseignent bien sur la volonté de l’Algérie de donner un bond qualitatif aux relations bilatérales avec la Turquie. C’est ainsi que dans un discours prononcé au palais du gouvernement, Sellal n’a pas omis de mettre l’accent sur la qualité des relations historiques entre les deux Etats : «L’Algérie a pour ambition de leur conférer une dimension stratégique eu égard aux potentialités que recèlent les deux pays dans tous les domaines», a-t-il laissé entendre devant son homologue turc.
«Israël doit savoir que la véritable paix passe par un règlement équitable»
Pour ce qui est du volet international, Erdogan a affirmé que «l’Algérie est solidaire des pays qui souffrent», estimant que «la période de transition que connaissent certains pays peut être dépassée dans le cadre de l’aide internationale». «Dans la région de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, la Tunisie, la Libye et l’Egypte vont triompher malgré les problèmes, et la démocratie est la meilleure voie pour la paix», a-t-il ajouté. Abordant la crise en Syrie, Erdogan a rappelé que « la Turquie soutient le peuple syrien dans ses revendications pour le changement démocratique», rappelant que «300 000 réfugiés syriens se trouvent sur le territoire turc». Quant à la question palestinienne, l’hôte de l’Algérie a été affirmatif en déclarant : «Israël doit savoir que la véritable paix passe par un règlement équitable ».
Ferhat. Zafane

