Alors que la saison chaude et le mois de Ramadhan sont aux portes, les citoyens de la localité se font de plus en plus de souci quant au manque d’eau auquel ils sont confrontés depuis longtemps déjà sans qu’aucune solution ne vienne les rassurer.
«A l’approche de la période estivale, nous savons d’ores et déjà que nous ferons face non seulement aux grandes chaleurs et aux multiples coupures de courant, mais ce qui nous angoisse le plus c’est le manque d’eau », nous déclarent des membres des comités des villages qui ont tenu à interpeller le premier magistrat de la commune. Contacté M. Amar Akrour, le P/APC n’a pas hésité à nous recevoir dans son bureau pour nous décrire exactement la situation et les démarches qu’il a eu à entreprendre auprès des responsables concernés, d’autant plus que ce problème le dépasse. Il nous parlera de la position géographique de sa commune qui est enclavée et marginalisée : « La commune de M’Kira est située à l’extrême Sud-est de la wilaya de Tizi-Ouzou, à la périphérie Est de la wilaya de Boumerdès et à la périphérie Nord-Ouest de Bouira. C’est une commune rurale et déshéritée avec une population de 17 690 habitants répartie sur un territoire de 35,84 km2. Son relief est escarpé vallonné à prédominance montagneuse (+80%) ». En ce qui concerne l’AEP, M. Amar Akrour n’hésitera pas à nous énumérer les quelques infrastructures existantes, à savoir deux réservoirs de 500m3 chacun à Tighilt-Bougueni, ainsi que deux autres, de 200 m3 chacun, à Akharrouche Oufella et à Si El Hadj Allel (Tamdikt), alors que deux autres de la même contenance sont en cours de réalisation à Imlikchène. Abordant l’état actuel de la distribution d’eau, le président de l’assemblée populaire de M’Kira nous confiera que celle-ci se fait exclusivement pour dix (10) villages à partir des deux réservoirs de Tighilt-Bougueni ayant une capacité de 500 m3 chacun. Tandis que pour les régions de Tamdikt et d’Aït Messaoud, elle se fait respectivement et directement à partir de Tizi-Gheniff et de Timezrit (Boumerdès). L’adduction se fait à partir de la SR4 de Tizi-Gheniff (5000 m3) ainsi que de la station monobloc de pompage, installée au niveau du barrage de Tizi-Gheniff. Au cours de l’entretien qu’il nous a accordé le premier magistrat de la localité de M’Kira a tenu à nous exposer les solutions qu’il préconise. Il s’agira tout d’abord de parer au plus pressé ce qui doit être fait à court terme avec l’Algérienne Des Eaux (ADE) : « Il s’agit d’assurer une alimentation régulière et permanente de 3 000 m3 par jour, le seuil minimal, des réservoirs du chef-lieu, en procédant à l’installation des compteurs volumétriques aux limites administratives du territoire. Notre commune est disposée à confier, à l’ADE, la gestion du réseau de distribution dans sa totalité pour la mise en place éventuel des compteurs individuels », nous a déclaré M. Amar Akrour qui cite également l’aménagement des sources recensées qui viendront en appoint. A moyen terme, le président de l’APC de M’Kira préconise l’étude et la réalisation d’une conduite d’adduction avec un grand diamètre en PEHD à partir de la SR4 de Tizi-Gheniff, directement vers les réservoirs du chef-lieu ainsi que l’étude et la réalisation de deux réservoirs de stockage ou de transit, l’un d’une capacité de 3 000 m3 à Tahchat, pour alimenter par gravité les localités du flanc Sud-ouest, et un autre d’une capacité de 4 000 m3 à Tighilt-Bougueni pour alimenter les 8 localités restantes. Quant à Aït Messaoud qui est situé dans la wilaya de Boumerdès, ce village nécessite une étude et un ouvrage appropriés. Tout ceci ne peut se faire qu’avec le concours de la direction de l’hydraulique de la wilaya de Tizi-Ouzou. M. Amar Akrour n’hésitera pas à nous confier, pour conclure, que malgré les nombreuses réunions tenues au siège de la daïra de Tizi-Gheniff pour l’amélioration de la situation quotidienne des citoyens en matière d’alimentation en eau potable, il est à chaque fois confronté à divers blocages pour différentes raisons. Il dénoncera également les disparités qu’il y a dans la distribution de ce liquide précieux : « C’est dommage de le constater mais, il faut le dire, il y a des citoyens de classe ‘’A’’ qui ont de l’eau H24, et il y a des citoyens de seconde classe qui ne la reçoivent que très sporadiquement, et ce sur le même réseau ».
Essaïd Mouas

