Le village Agouni N Teslent, relevant de la commune d’Ain El Hammam, a rendu, dans la matinée d’avant-hier, un vibrant hommage à Saïd El Hadj Djillali, militant de la cause berbère décédé le 08 juin 1997 à l’âge de 38ans, suite à un accident de la circulation à Bordj- Ménaïel. Djilali EL Hadj Saïd est né en 1959 à Agouni N Teslent. Après avoir fréquenté l’école primaire du village, il poursuivit ses études au CEM Amar Nath Chikh puis au lycée Ben Boulaïd. En 1980, après sa participation active à Ain El Hammam durant le printemps berbère, il fut exclu des bancs d’école. En 1985, le défunt rejoignait le comité de soutien aux détenus de la première Ligue algérienne des droits de l’homme. En 1988, Djilali El Hadj Saïd contribua à la réussite des assises du MCB qui donneront naissance au RCD en 1989. Il a été également, au cours de la même année, membre fondateur d’Agraw Adelsan Amazigh et contribua à la création de plusieurs associations, dont le collectif « Mohya ». Ce grand militant de la cause berbère a participé également au premier colloque international sur Tamazight à Ghardaïa et à la conférence sur la langue amazighe à Agadir au Maroc. En 1994, Djilali participa à l’organisation du comité d’autodéfense et de réAprès un désaccord avec la coordination national du MCB, le regretté a participé à la proclamation, en 1995, de la naissance du MCB-Rassemblement national. Par ailleurs, Djilali El Hadj Saïd a été membre du comité de soutien à la réalisation du premier film algérien d’expression amazighe, «La colline oubliée », comme il était l’un des initiateurs, avec Tighilt Djaffer, du film documentaire « Anazur n Weglim d ughanim », retraçant la vie et l’oeuvre de Kaci Iboudrarène. En somme, c’était un militant infatigable qui a laissé derrière lui un parcours riche. Pour cette cérémonie d’hommage qui lui a été rendu, il y avait ses amis, des militants de la cause amazighe, des délégations venues de Béjaïa et de Bouira, de représentants de partis politiques, des autorités locales de Ain El Hammam et de Yattafen, de la presse et de beaucoup d’autres invités. L’événement commença par des interventions de plusieurs personnalités et amis de défunt, qui sont revenus sur le parcours du défunt et son militantisme pour la cause berbère. « Djilali était le moteur principal de la réussite du boycott qui a paralysé toute la Kabylie durant une année. Il a placé Tamazight au dessus de toute considération », témoigne un ancien militant. Un autre ami de défunt dira : «Il n’a pas arrêté d’agir pour préserver l’unité des rangs et pour faire de boycott scolaire une grande réussite ». De son côté le réalisateur Samir Ait Belkacem, a indique que le projet d’un film documentaire sur Djilali El Hadj Saïd sera lancé le mois de septembre prochain : «C’est avec lui que j’ai appris la langue Amazighe dans ses différent aspects. Il était pour moi le grand frère, il n’a jamais fléchi et ne s’est jamais montré fatigué dans son combat, il a toujours agi pour que notre langue retrouve la place qui lui sied. C’était un grand militant ». Par la suite, la foule s’est dirigé vers la tombe du regretté au cimetière du village où plusieurs gerbes de fleurs y ont été déposé. La cérémonie a été clôturée par un diner offert à l’ensemble des invités d’Agouni N Teslent, dans une ambiance conviviale.
Slimane Ben Addi
