Parution : La torture à Bourbaâtache, nouvel ouvrage de Karim Cheikh – Témoignages vivants sur les tortures du colonisateur français

L’écrivain et journaliste Karim Cheikh vient d’éditer un nouveau livre qu’il  consacre, cette fois-ci, aux geôles de Bourbaâtache, une prison érigée par les colonisateurs français dans la localité Fenaïa-Ilmaten et où ils exercèrent les tortures des plus atroces sur les Moudjahidines détenus. « Je raconte, dans mon livre, où j’ai recueilli des témoignages vivants, les exactions et les tortures atroces commises par l’armée coloniale, à leur tête le tortionnaire et égorgeur d’enfants Morvesa, à l’encontre de la population locale à l’intérieur de la prison Bourbâatache», nous indiquera K. Cheikh, qui en est à sa quatrième publication. Ce livre contient une somme importante de renseignements historiques et de photos inédites sur cet épisode pénible qu’a enduré la région Fenaïa-Ilmaten et les localités avoisinantes, durant la période coloniale. « L’atrocité des méthodes inhumaines utilisées par les tortionnaires de la prison de Bourbaâtache poussait les prisonniers, innocents, à se déclarer coupables, rien que pour échapper aux supplices », raconte notre interlocuteur. Par ailleurs, l’auteur de « La torture de Bourbaâtache », a raconté dans son livre le témoignage de sa mère, Nna Melâaze, détenue dans cette prison, et qui a beaucoup souffert, dit-il, entre les mains des tortionnaires français. « J’ai raconté dans ce livre le témoignage de ma mère, qu’on appelait Nna Malâaze. Lors de sa détention à Bourbaâtache, elle a été suspendue par ses chevilles et ses poignets, alors que son ventre était livré aux braises du Kanoune », nous dira le producteur de l’émission radiophonique « Portrait de mon village ». Ce dernier précisera qu’il envisage d’organiser, prochainement, des ventes-dédicaces dans plusieurs régions de Kabylie. Karim Cheikh, ancien membre du Mouvement Culturel Berbère, a collaboré par le passé dans les journaux Assalu, Jour de Kabylie et L’Hebdo N’Tmurt. « Je me consacre, depuis seize ans, à la préservation de la mémoire culturelle Kabyle et je lutte contre son oubli », nous a-t-il confié.

Boualem Slimani