Béjaïa À l’initiative de la direction locale de la culture – Formation sur le patrimoine culturel immatériel

Connaître, sauvegarder et valoriser le patrimoine culturel immatériel sont des enjeux forts des prochaines années.

Il s’agit d’appréhender le patrimoine culturel au sens large (bâti, immatériel,… ) afin d’avoir une vision globale de ce patrimoine qui participe à la prise de conscience collective des identités et de son histoire. Dans le cadre du programme d’appui à la protection et valorisation du patrimoine culturel en Algérie, un cinquième atelier thématique de formation sera consacré à l’identification et à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel, ainsi qu’aux enjeux liés à sa sauvegarde. En substance, 12 agents chargés de l’inventaire sur le terrain, recrutés de facto par le programme et affecté dans les directions de la culture, auront l’immense privilège de profiter pleinement de ces journées de formation, qui seront très bénéfiques et pour leur carrière et pour leurs directions respectives qui profiteront de leurs compétences. La méthodologie de l’inventaire occupe désormais une place importante et prioritaire dans la préservation et la promotion du patrimoine immatériel. La wilaya de Bgayet a le privilège d’accueillir cet important événement qui se déroulera du 23 au 27 de ce mois de juillet. Ce forum d’exchange aura lieu essentiellement à la maison de la culture de la wilaya. Un riche programme a été concocté par les organisateurs pour ces cinq jours de formation, notamment des cours sur l’identification des dépositaires et des praticiens et méthodologie de la collecte d’information (technique de l’enquête); des cours sur les traditions et expressions orales / vocales; des cours sur le savoir-faire de la construction traditionnelle, la projection du film d’archive « La légende de Tiklat » du réalisateur Azzedine Meddour… D’autres activités sont inscrites au programme, telles que la visite des citernes d’El Arouia et des villages d’Ibakouren et de Seddouk-Oufella. Plusieurs chercheurs y prendront part, à l’instar de Fayçal Ouaret, directeur du programme d’appui à la protection et valorisation du patrimoine culturel en Algérie; Mme Silvia Cravero, experte principale de l’unité d’appui au programme; Ahmed Ben Naoum, expert en patrimoine culturel immatériel de l’unité d’appui au programme et Samia Chergui, architecte du patrimoine. Peu connu en Algérie aussi bien du grand public que des milieux culturels et patrimoniaux, le patrimoine culturel immatériel, porté par la convention de l’Unesco du 17 octobre 2003, tend à s’imposer aujourd’hui dans l’actualité immédiate, au gré des inscriptions. Il s’ancre également dans la durée, avec les ambitions affichées par certaines collectivités territoriales, telle la région de Bgayet, qui souhaitent en faire un axe majeur de leur politique culturelle et désirent se positionner en tant que région pilote au plan national. Organisé autour du thème «Identifier et classifier les éléments du patrimoine culturel immatériel», cette rencontre se veut résolument prospective. Il ne s’agira pas d’élaborer de « bonnes pratiques » ou d’ajouter un article aux « tables de la loi » du Code du Patrimoine, mais de croiser, dans une visée internationale, approches théoriques et pratiques. Elle réunira avec des experts du PCI, des intellectuels et des praticiens de ces formes de patrimoines. Les objectifs escomptés à ces journées de formation sont entre autres d’acquérir des concepts fondamentaux de la reconnaissance des éléments du patrimoine culturel immatériel (PCI) ; être capable d’effectuer un premier diagnostic sur la viabilité et la visibilité d’un élément ou des éléments complexes du PCI ; être capable de déconstruire un élément complexe du PCI et d’y identifier des éléments autonomes ; mais construisant la structure du premier… Le patrimoine culturel doit être perçu comme un espace de vie. Il est le témoin d’une mémoire collective, visuel lorsqu’il s’agit d’éléments du paysage, invisible mais tout autant attachant pour les habitants, lorsqu’il s’agit de pratiques, d’histoire du territoire ou de la tradition linguistique. Ce forum se propose d’engager une réflexion devenue aujourd’hui nécessaire, alors que se multiplient les initiatives et que l’action de l’État algérien se doit d’être empreinte de bienveillance afin de sauvegarder le patrimoine culturel aussi riche que varié.

Bachir Djaider.