Ali Laskri appelle les jeunes à voter en masse

C’est avec un retard de plus de deux heures, sur l’horaire prévu, que le premier secrétaire du FFS s’est adressé aux militants et curieux venus l’écouter. L’assistance, fort nombreuse, a d’abord, suivi l’exposé de Lemdani, le chargé des finances du FFS qui a expliqué que si son parti est allé aux élections de 2002, «c’est pour barrer la route aux prédateurs qui demeurent présents». Il ajoutera que ce sont toujours ceux-là même que notre réussite dérange qui ont été à la base de la dissolution des APC. Ce qui n’empêche pas le FFS de revenir avec 64 listes sur 67, cadidates aux APC, dans la wilaya de Tizi Ouzou. Quatre listes des communes non représentées n’ont pas reçu l’aval de la direction du parti vu que le réglement du parti a été transgressé lors du choix des candidatures. Quant au déroulement du prochain scrutin, Lemdani s’en prend aux responsables de sa préparation qui ont refusé d’accoler les photos des leaders des partis en lice, sur les bulletins. Ce qui évitera aux électeurs de se tromper. «L’invitée surprise» du FFS, madame Yous de SOS disparus, a saisi l’occasion de sa présence pour réitérer les positions de son association par rapport à la réconciliation nationale. Son discours a été chaleureusement applaudi par la foule. Le troisième intervenant n’est autre qu’un membre de la fédération et ex-détenu, Mohamed Djelmani; venu du M’Zab, il s’est adressé aux présents en français, mais en prenant soin d’étayer ses propos par des proverbes ou citations en langue arabe. Il a surtout insisté sur «thamazight» dont «le problème de statut, ne se pose pas vu qu’il est réglé, au FFS, depuis longtemps». Ce n’est qu’à 17 heures que Ali Laskri a pris le micro sous les acclamations de la foule. Il commencera par faire l’éloge des anciens qui ont tracé la voie à ces jeunes qui reprennent le fambeau. «Cette élection, dit-il, est la seule tribune qui nous est donnée pour nous adresser au peuple. Toutes les autres portes nous sont fermées». Parlant des autres partis, nombreux à convoiter les élections en Kabylie, il s’en prendra au FLN et au RND qui se ruent sur la Kabylie pour s’enrichir. « Le pouvoir veut imposer ses relais pour faire main basse sur notre région». Commentant les visites de ministres, il dit qu’ils font campagne, «avec l’argent des citoyens pour venir nous acheter», et d’ajouter «nous ne céderons pas au chantage. Nous avons suffisamment d’hommes compétents et intègres pour faite face à ces tentatives. Quant aux budgets, ils viendront «bla mzia». S’en prenant au ministre de l’Education, le secrétaire du parti d’Ait Ahmed, dit, «au lieu de faire des promesses, il doit d’abord parler des droits de l’homme, donner l’agrément au CNAPEST, contre qui il utilise la force». Il accusera, par la suite, le pouvoir et les archs, d’être derrière les événements de 2001. «Le mouvement citoyen a été dévié par la police politique». Il précise, au passage que les assassins de Matoub et des 124 jeunes en 2001, ne sont, toujours pas punis. Parlant d’histoire, il insiste pour dire que le FFS a réhabilité la plate forme de la Soummam à laquelle le parti est attaché et que «certains voulaient détourner». Rappelant les conditions ayant entraîné l’état d’urgence, dont il demande la levée, l’orateur précisera que cette situation ne devait, au départ durer qu’une année. Avant d’appeler les présents, avec un clin d’oeil vers la jeunesse, à voter FFS, Laskri rajoute, «ce régime doit partir».

Nacer Benzekri