Au lendemain de la clôture de la Fête nationale du couscous, organisée par la maison Lahlou à Frikat, les habitants avaient cru que l’axe reliant leur localité à Draâ El Mizan d’un côté sur une distance de 8 km et à Bounouh d’un autre côté allait être réfectionné car il a été emprunté par les autorités wilayales. Seulement cinq mois après, rien n’est prévu pour cette commune. Aujourd’hui, les Frikatois souffrent quotidiennement pour se rendre aux deux municipalités précitées. Effectivement, cette route n’est plus praticable, à cause des dégradations qu’elle a subies à plusieurs niveaux : crevasses, nids-de-poule, affaissement, sur plusieurs endroits. N’étaient les clandestins qui viennent au secours des habitants des villages et hameaux de Frikat, ils demeureraient isolés. D’ailleurs, même les transporteurs ont à maintes reprises exprimé leur mécontentement, mais leurs appels n’ont trouvé aucun écho. « Chaque mois, il faut changer la suspension de mon fourgon. Malheureusement, il n’y a pas d’autre activité que celle-ci, sinon j’aurai abandonné », nous a déclaré un automobiliste. Devant tant de désagréments, plusieurs chauffeurs de taxis ont changé d’activité. « Je vous assure que je ne gardais aucun sou de ce que je gagnais. Tout était englouti par les pièces de rechange », nous a appris un « clandestin » reconverti en petit éleveur de volailles. Pourtant, la réfection de cet important axe routier qui est aussi un raccourci pour se rendre à Boghni a été porté sur la plate-forme de revendications transmise au wali lors de sa visite à Draâ El Mizan en mai dernier. Aujourd’hui, les citoyens de la localité comptent beaucoup sur l’assemblée élue jeudi prochain pour, peut-être espérer que ce projet soit inscrit dans le programme de l’équipe qui aura en charge l’exécutif de cette municipalité laquelle accuse un grand retard dans le développement : eau potable, habitat, gaz de ville et bien d’autres problèmes. Si ce chemin intercommunal est à l’abandon, cela ne veut pas dire que le réseau qui dessert les villages est logé meilleure enseigne. Au contraire, c’est un calvaire en permanence depuis que cette commune a été érigée en municipalité. Feu colonel Ouamrane doit se retourner dans sa tombe s’il pouvait voir l’état dans lequel vivent les brave paysans du Djurdjura.
Amar Ouramdane
