Pour que toutes ces personnalités qui ont marqué le combat pour Tamazight et l’identité amazighe ne soient pas oubliées, l’association culturelle « Amgud » de Draâ El-Mizan décerne à chaque anniversaire de l’assassinat du chantre de l’amazighité coïncidant avec le 25 juin, le prix « Lounès Matoub » contre l’oubli à des hommes et dans un futur proche à des femmes d’envergure. Pour cette 6ème édition, trois autres icônes ont été choisies. Il s’agit du dramaturge Mohia, du grand militant Mohamed Haroun et du fondateur de l’académie berbère, Bessaoud Mohand Arab. La cérémonie de remise de ce prix s’est déroulée, avant-hier, dans la salle de délibérations de l’APC de Draâ El-Mizan devant une assistance nombreuse rehaussée par la présence de Na Aldjia Matoub, mère de Lounès, de Mohamed Mohia, frère de Abdellah, d’Ahcène Chérifi, compagnon de Mohamed Haroun, des chanteurs Halli Ali et Mohamed Chemoun et des membres du mouvement associatif, ainsi que des élus de l’APC. Dans son allocution d’ouverture, M. Hamid Derradj, membre de l’association Amgud et animateur de cette cérémonie, a tenu à remercier tous les présents, notamment les parents des personnalités primées à titre posthume. «Cette fois, nous avons choisi trois symboles qui ont tant donné pour Tamazight et la démocratie. Pour que des hommes de cette trempe ne soient pas oubliés, il est de notre devoir de les honorer pour tout le combat qu’ils ont mené chacun à sa manière, pour dire que leurs idéaux sont toujours portés par les générations actuelles. Même s’ils ne sont pas de ce monde, il faut dire que leurs idées sont toujours parmi nous », dira-t-il dans son allocution avant de donner la parole aux invités. Et c’est ainsi, qu’ Ahcène Chérifi, l’un des poseurs de bombe devant le siège d’El Moudjahid au début des années 70 et compagnon de Mohamed Haroun fera la lecture de la biographie et du parcours de ce dernier, avant de recevoir le prix à la place de la famille Haroun qui n’a pas pu venir de Béjaïa. L’association Tifrit du village de Haroun s’est excusée de ne pas être présente à cette cérémonie. De son côté Na Aldjia, en dépit de son âge avancé est montée à la tribune pour saluer cette initiative, que l’association Amgud tient chaque année et pour la sixième année de suite. « Je sais que Lounès n’est pas mort. Ses idées sont ici dans cette salle et partout en Algérie. Je suis très contente d’être parmi vous et de participer à la remise de ce prix pour d’autres personnes qui ont lutté pour Tamazight et la démocratie », entonnera-t-elle d’une voix pleine de courage. Et d’ajouter: « Quinze ans après, rien n’a été fait pour révéler la vérité sur la mort de mon fils. Nous demandons à ce que l’enquête soit refaite, car d’ici-là nous ne baisserons jamais les bras et je compte toujours sur votre soutien ». Puis, c’est le chanteur Halli Ali qui racontera que lors d’une fête de cerises à Larbaâ Nath Irathen, Matoub Lounès, encore jeune, est monté sur scène et lui dira de lui montrer ce burnous, le titre d’une de ses chanson, « Avarnous Id yedja jeddi » allusion faite à la langue amazighe. Le moment le plus émouvant est lorsqu’ Ali Halli lut un poème en hommage à Matoub Lounès. En tout cas, tout comme toutes les précédentes éditions, celle-ci a été une réussite. L’association réfléchit déjà à la septième édition dont quelques noms sont déjà retenus.
Amar Ouramdane
