Des élus de l'Assemblée populaire communale de Béni Douala, dénoncent, dans une déclaration transmise hier à notre rédaction, l'état dans lequel est plongée leur commune. Un état qu'ils n'hésitent pas à qualifier de "chaotique",; condamnant «les pratiques vicieuses et diaboliques du maire».
L’APC de Beni Douala dont a hérité le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), au lendemain des élections locales du 29 novembre dernier, n’est visiblement pas au mieux de sa situation, à en croire les signataires de la déclaration. Neuf élus, dont six indépendants et trois du Front des forces socialistes (FFS), parlent d’ »une situation catastrophique » au sein même de l’assemblée. Dans le document, la gestion des affaires de la commune est remise en question. Elle est même qualifiée de déplorable. Les signataires s’insurgent contre « l’absence totale de transparence dans la gestion des affaires communales ». Pour eux, « sept mois après l’installation officielle de l’assemblée populaire communale de Beni Douala, la situation générale demeure inchangée. Ils ne manquent d’ailleurs pas de relever, pour illustrer leur constat, le cas « de la répartition du budget, dans le cadre des programmes communaux de développement (PCD), qui s’est effectuée sans passer par l’assemblée », signalant au passage que « le maire a encore une fois bafoué toutes les règles démocratiques et a agi en solo ». Un peu plus loin dans le même document, le mode de répartition des aides sociales dans la région est pointé du doigt. Une répartition que les neuf élus de l’assemblée, qui en compte 19 (les 10 autres étant du RCD), qualifient d’ « anarchique et opaque ». En effet, les signataires affirment : « malgré notre insistance pour répartir toutes les aides sociales (habitat rural, AFS, DAIS, aides dans le cadre des intempérie…) dans la transparence, le maire s’entête à les gérer dans l’anarchie et l’opacité totales », ajoutant que « nul ne connaît ni le montant des aides, ni les critères de sélection ni, encore moins, les bénéficiaires ». Toujours avec le même ton accusateur, les élus soulèvent la question de recrutement au niveau de la commune. Une opération qui d’après eux s’est déroulée d’une manière « irrégulière ». Ils affirment que « si la sélection des gardiens et OP s’est passée dans les normes, celle des agents de l’administration est douteuse et entachée d’irrégularités ». Les signataires de la déclaration rendue publique, et datée du 12 juillet dernier, relève un autre paradoxe. Ils affirment en effet que la commune « a dégagé pour l’exercice de 2012 un excédant financier de plus de six milliards de centimes ». Une somme « à laquelle vient s’ajouter l’excédant des fonds spéciaux et du fonctionnement, ce qui nous donne un total de 10 milliards », écrivent-ils. Les signataires enchaînent en disant : « Ceci, alors que la situation au niveau de nos villages, en matière de développement, est lamentable ». Ils donnent, comme exemples, les routes délabrées, les écoles en piteux état, des maisons dépourvues d’assainissement et d’eau potable, l’inexistence des aires de jeu, de foyers de jeunes et autres salles de soins. Dans le même document, les élus indépendants et ceux du FFS soulignent : « la mauvaise gestion est poussée à l’extrême par le maire. Il consomme l’argent destiné aux villages dans des secteurs à l’indicatif des directions de la wilaya ». « 900 millions de centimes pour l’aménagement du marché hebdomadaire, 400 millions pour l’étude du projet de gaz de ville … », signalent-ils. Pour le cadre professionnel, les élus relèvent dans leur document « des pratiques insidieuses envers les élus qui trouvent des difficultés énormes pour accéder à l’information et à la documentation ». En plus, ajoutent-ils, « des dépassements délibérés dans la rédaction des PV de réunions ». Pour conclure leur déclaration, les 9 élus ajoutent : « La mairie est censée être une maison du peuple, mais à Béni Douala, le maire en a fait une propriété privée. Il refuse de mettre à la disposition des élus du peuple, eux-mêmes, un bureau pour tenir des réunions de travail ». Par ailleurs, et selon S. Bedouhine et M. Nadour, respectivement élu indépendant et élu du FFS, les élus plaignants, en plus de cette déclaration, n’écartent pas d’avoir recours à d’autres actions de dénonciation. Ils envisageraient, affirme M. Nadour, « des actions, dont des rassemblements, au niveau des villages, pour expliquer à la population les dérives qui ont lieu au niveau de l’APC ».
Tassadit. Ch.

