Larbaâ Nath Irathen au rythme du mois de carême

La ville de Larbaâ Nath Irathen vit au ralenti, en ce mois sacré du Ramadhan. Le jeûne et la chaleur font que toutes les activités qui demandent effort sont suspendues. Les gens évitent tout déplacement inutile pendant la journée. Les travailleurs qui le peuvent, notamment les journaliers, ont opté pour une journée qui commence à 6h  au lieu de 8h, pour finir à 13h au lieu de 16h, évitant ainsi le soleil de plomb de l’après-midi. Ce n’est qu’à quelques heures du ‘’maghreb’’ que la ville revit. Hommes et femmes, vieux et jeunes prennent les commerces et les marchés d’assaut. Bouchers, vendeurs de fruits et légumes, magasins de gâteaux traditionnels (Zelabia et autres) et marchands d’herbes en tous genres connaissent un pic d’affluence. Malgré la sensible montée des prix, la fièvre acheteuse semble s’être emparée des ménages. « Certains achètent jusqu’à 10 baguettes de pain, la faim leur fait acheter plus que de raison », nous dira un boulanger. Et c’est en effet le même constat, partout. Des chaînes se forment à l’entrée de tous les commerces. Beaucoup nous disent craindre des ruptures de stocks, des grèves, des manifestants qui couperaient la route, ce qui les oblige à prendre leurs précautions. Après la rupture de jeûne, une autre ambiance s’installe dans la ville. Les citoyens sillonnent les rues ou s’attablent aux terrasses des cafés. A défaut de mieux, ils s’adonnent aux jeux de dominos ou de cartes, jusqu’à des heures tardives. En ce mois sacré les propriétaires des cafés se disputent le moindre espace à l’extérieur de leur commerce. Et cela n’est pas du goût de tout le monde. Les habitants riverains se disent incommodés par le bruit et le cri des joueurs, peu discrets.

Youcef ziad