«Notre ville est en chantier depuis 2008»

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L’actuel maire de Bouira, Hakim Oulmi, du Parti des Jeunes (PJ),a remplacé, au mois de mars dernier, Miloud Khelif, alors démissionnaire. Une démission qui avait engendré de folles rumeurs. Dans l’entretien qui suit, Oulmi Hakim évoque cette succession et plusieurs autres sujets d’actualité de sa municipalité.

La Dépêche de Kabylie : Comment avez-vous trouvé la situation générale de la commune au moment devotre prise de fonctions?

Oulmi Hakim : En fait, je suis loin d’être étranger à cette assemblée. J’en suis à mon troisième mandat.  C’est vous dire que je suis parfaitement au courant et conscient de l’état de notre commune. Cependant, il y a une chose importante que les citoyens doivent comprendre.  La wilaya de Bouira, plus précisément son chef-lieu, est en chantier depuis 2008. Enormément de projets ont été lancés et sont toujours en cours d’exécution. Certains seulement arrivent bientôt à leur terme. Cette situation suppose automatiquement des bouleversements et des carences à tous les niveaux, ce qui est tout à fait logique. Je mentirais à mes concitoyens en disant que nous allons faire des miracles, vu le nombre de projets qui sont en cours. Cela étant, nous faisons tout notre possible et nous ne ménageons aucun effort afin de redonner à notre ville toute sa superbe. Le chantier qui illustre bien cette métamorphose progressive, et qui est en voie d’achèvement, est celui du pôle universitaire. C’est une fierté pour notre commune et la wilaya toute entière.

Vous êtes aux commandes de l’assemblée depuis près de deux mois, en remplacement de Miloud Khelifi, le maire démissionnaire. Beaucoup de Des rumeurs ont circulé à propos de cette démission… 

Sa décision a été prise du fait que son état de santé ne lui permettait pas de poursuivre sa mission. Des choses insensées ont été dites à ce sujet et je tiens à démentir formellement toutes les allégations rapportées ici et là.

Les rumeurs les plus persistantes disaient que des poches de terrains auraient été cédées de manière douteuse. La rumeur a même impliqué l’ex-wali…

Les citoyens doivent savoir que le foncier de la commune est géré par l’agence foncière dont les responsables sont les seuls habilités à se prononcer. Toutefois, je le dis solennellement, il n’y a eu à ma connaissance aucune affaire de cette nature.

Le jardin public Si Lhouas aurait fait l’objet d’une cession à un prometteur privé. Une pétition de citoyens s’insurgeant contre cette supposée vente avait même été lancée…

C’est faux ! A aucun moment il n’a été question de vente ou autre forme de cession. Le jardin Si Lhouas est et restera l’un des symboles de notre commune. Avec la participation de l’agence foncière, nous avons lancé un concours de réaménagement de cet espace. Ce concours est exclusivement réservé aux BET de la commune de Bouira, qui sont les plus à même de connaître toutes les caractéristiques de ce lieu Ô combien emblématique de notre ville.

L’un des plus grands points noirs de la commune est sans conteste l’insalubrité. Comment comptez-vous y faire face ?

Écoutez, en dépit de nos efforts et toutes les opérations que nous avons entreprises, nous constatons avec le plus grand regret que certains citoyens font preuve d’un incivisme déconcertant. Je prends, à titre d’exemple, certains quartiers populaires de la ville, où certains de nos concitoyens jettent encore leurs ordures ménagères un peu partout au mépris de toutes les règles d’hygiènes. Un autre constat que nous avons fait démontre qu’à peine 5% des citoyens adhèrent aux différentes campagnes de nettoyage et de volontariat. C’est très difficile d’arriver au but escompté avec de pareils comportements.

Dans ce cas, envisageriez-vous l’application de la taxe inhérente aux déchets ménagers ?

Nous avons la police de l’urbanisme et la protection de l’environnement (PUPE). Mais cette police, vu son effectif très réduit, ne peut faire face à ce genre de comportements. Nous envisageons d’introduire une demande auprès des autorités concernées, dans le but d’augmenter son effectif. Toutefois, nous gardons cette mesure comme ultime recours. Au sein de notre assemblée, nous sommes de fervents défenseurs du dialogue entre nous et le tissu associatif. C’est à ce dernier qu’incombe la tâche de sensibiliser les citoyens sur la nécessité d’œuvrer tous ensemble pour une politique d’hygiène à travers notre commune.

Ce mouvement associatif existe-t-il vraiment?

Oui, il existe et il est très important même! Seulement, il manque d’organisation et de structuration. Il n’est pas canalisé et parfois, nous nous retrouvons avec des associations qui activent de manière marginale et infructueuse.

Dernièrement, il a été procédé à la destruction d’une dizaine de Haouchs et au relogement de près de 93 familles. Va-t-on enfin vers l’éradication du vieux bâti?

Cette opération va se poursuivre après l’Aïd. Ceci dit, nous continuons à rencontrer des difficultés avec certains prioritaires qui sont ou absents ou réticents à l’idée de démolir leurs haouchs. C’est le cas du Haouch des Abdelaziz qui nous pose des problèmes. Néanmoins, notre objectif est clair, nous espérons en finir avec ce dossier qui traîne depuis plus de trente ans et ce avec les moyens dont nous disposons. Pour l’heure, nous traitons les choses au cas par cas, mais s’il le faut, nous n’hésiterons pas à faire usage de l’autorité publique. Le vieux bâti doit disparaître de Bouira. Cela nous permettra de récupérer des assiettes de terrain et faire face à la crise des logements sociaux.

À propos de logements sociaux, la wali de Bouira a fait état d’énormes retards. Qu’en est-il à l’échelle de la commune ?

Notre commune ne fait malheureusement pas exception. Cependant et malgré toutes les difficultés trouvées, nous avons un programme de près de 1700 logements sociaux  qui seront réceptionnés d’ici la fin de cette année et début 2014. Ce chiffre, aussi important soit-il, reste largement insuffisant pour couvrir les besoins de la commune.

Votre commune a été récemment mise à l’amende par les services de la DRAG, car elle a enregistré un retard certain en matière de réglementation des parkings sauvages…

Cette question est un peu complexe, mais nous sommes prêts à endosser l’entière responsabilité.  Cette opération d’éradication des parkings sauvages est avant tout du domaine des services de l’ordre. Chaque gardien doit subir une enquête préalable de la part des services de la police. Une fois l’enquête terminée, nous recevons le dossier et nous entamons les démarches de régularisation. En ce moment, nous en sommes à 70% de parkings réglementés, ce qui est inférieur à la moyenne de la wilaya, qui est de l’ordre des 92%, je vous le concède. Nous recevons les dossiers d’enquêtes au compte-gouttes. Si cette opération dépendait uniquement des services de l’APC, je peux vous assurer que notre commune serait largement en tête et que ce phénomène aurait déjà disparu.

Autre fléau, celui du commerce informel qui n’a toujours pas disparu même s’il a connu un recul sensible…

Nous avons pris ce problème à bras le corps. En plus des trois centres commerciaux dont nous disposons, nous avons attribué 64 locaux commerciaux. Notre assemblée a tout mis en œuvre, afin de convaincre les commerçants de quitter les trottoirs et d’aller s’installer dans les espaces qui leur sont réservés. Malheureusement, seulement 02% des commerçants concernés ont rejoint leurs locaux.

Quez comptez-vous faire du marché à bestiaux ?

Nous envisageons d’en faire de l’actuel marché à bestiaux un pôle régional, et pourquoi pas national, du commerce. Ce projet figure parmi nos priorités et nous avons déjà entamé les travaux nécessaires, tels que le déblaiement et le terrassement, sur les fonds propres de la municipalité. Ce chantier est l’un des investissements les plus importants de la commune. Nous comptons y injecter près de 70 milliards de centimes. Outre ce projet, nous allons incessamment lancer, avec la collaboration de la direction du Commerce, trois nouveaux marchés de proximités. Nous avons également 42 nouveaux chapiteaux commerciaux qui vont être lancés dans les prochains jours.

Sur un tout autre volet, celui de la culture, quel est l’apport de la commune ?

Actuellement, nous avons le comité des fêtes de Bouira qui est notre principal partenaire. Nous avons également, mais d’une manière assez timide, des collaborations avec la direction de la culture. Mais dans l’ensemble, nous sommes prêts à travailler avec tout le monde afin de redynamiser ce secteur qui, il faut le dire, est bien terne dans la ville de Bouira.

Toutefois, durant ce mois de Ramadhan, nous organisons des galas en plein air, notamment sur l’esplanade de la mairie, et d’autres au niveau de la Maison de l’environnement.

Concernant les jardins publics et autres espaces de loisirs, la commune de Bouira, et de l’avis général de ses citoyens, connaît un retard assez important…

Pour ce qui est des espaces de loisirs, nous avons pris la décision de créer des mini parcs aquatiques avec des piscines et autres toboggans. Ils seront implantés au niveau du quartier de  l’Ecotec, de la cité des 250 logements, la cité Zerrouki et d’autres quartiers de la ville. Pour ce qui est des espaces verts et jardins publics, il faut rappeler que leur gestion était confiée à l’entreprise Safazakar. Cette dernière nous a laissé un héritage que chacun peut apprécier à sa guise.

Nous vous laissons conclure…

Mon équipe et moi sommes conscients de la mission qui nous a été confiée par les citoyens. Nous sommes comptable devant eux. Je tiens à assurer à la population de Bouira que tout le Staff est mobilisé afin de tenir ses promesses.

 Entretien réalisé par  D. M et Ramdane Bourahla

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