A l’image du FLN, le RND n’est toujours pas sorti de l’auberge. La crise s’exacerbe de plus en plus entre les redresseurs et Abdelkader Bensalah.
Ceux du bureau d’Alger, sous la férule de Yahia Guidoum, connu pour n’avoir pas sa langue dans sa poche, se préparent activement à lancer une campagne contre le responsable intérimaire du RND, Abdelkader Bensalah. Les réunions se sont multipliées ces derniers jours, et des conclaves se tiennent régulièrement dans la perspective d’organiser un front contre Bensalah. Ce dernier est accusé à tort ou à raison, de rouler pour le clan de l’ancien secrétaire général, Ahmed Ouyahia. Pendant ce temps, le bureau permanent de la commission nationale chargée de préparer le 4e congrès s’est réuni avant-hier pour examiner la mise en place des commissions de wilaya, a indiqué un communiqué du parti. La rencontre présidée par le secrétaire général par intérim du parti, Abdelkader Bensalah, “a permis de passer en revue le contenu d’un formulaire destiné aux militants sur les amendements à apporter au règlement du parti, un des documents principaux à soumettre au congrès”. Contacté pour sa part, Guidoum, visé ces derniers temps par une rumeur qui annonce son retrait du parti, a tenu tout d’abord à apporter un démenti formel quant à l’existence de dissidences au sein du parti. D’après lui, les prétendues dissidences, en cascade au sein du RND, rapportées par les médias, ne seraient que rumeurs. « Ces informations sont fausses et il ne faut pas les prendre en considération », a-t-il affirmé en ajoutant : « Je n’ai pas démissionné et je suis toujours au RND». De son côté la porte-parole du parti, Mme Nouara Djaffar, a abondé dans le même sens en indiquant : « aucune démission n’a été formulée à ma connaissance». Elle ajoutera : « tant que les concernés ne l’auront pas officiellement déclaré ce ne seront que des rumeurs». « Le RND fonctionne toujours. Le dialogue existe, et même si des divergences d’opinions sont notées, nous arrivons à trouver les solutions qui satisfont tout le monde», a-t-elle expliqué. Le décor étant planté il va sans dire que Bensalah est aujourd’hui sur la sellette. Les reproches sont légion. Guidoum, par exemple, a usé de propos virulents à son endroit, l’accusant de vouloir « saboter » le RND en bloquant ses instances. Il lui reproche de vouloir permettre aux collaborateurs de l’ancien secrétaire Ahmed Ouyahia de rester dans l’appareil décisionnel. Un autre fait qui mérite d’être relevé c’est la présence de Boubakeur Benbouzid lors des travaux du dernier conseil national. Le protocole d’accueil qui lui a été réservé par les militants n’est pas passé inaperçu. Raison pour laquelle des rumeurs ont circulé répandant que l’homme serait prédestiné à occuper des responsabilités importantes, pourquoi pas le poste de secrétaire général. Quant à la dualité existant entre Guidoum et Bensalah, il est aujourd’hui permis d’avancer que l’ex-ministre de la Santé semble avoir un taux de réussite important face à son adversaire, puisqu’il a pu placer pratiquement toutes les propositions introduites par ses soins, tout comme il a réussi à faire reculer Bensalah sur au moins les deux points essentiels que sont : l’annulation des nominations directes et le pouvoir décisionnel du scrutin lors des assemblées communales futures. Les diverses réunions entre Bensalah et Guidoum n’ont fait que départager certains pouvoirs, diminuant les attributs de l’un pour les mettre entre les mains de l’autre, sans jamais trouver la solution idoine à la crise qui bloque le parti depuis plusieurs mois. A la veille d’une échéance électorale importante, la présidentielle de 2014, cette situation ne semble pas gêner les responsables du RND, lesquels semblent attendre que la décantation se fasse d’elle-même. Un peu comme ce qui se passe au sein du FLN.
Ferhat Zafane

