M’Kira : Ils ont bloqué l’APC, mercredi dernier, pour réclamer de l’eau potable – Les villageois d’Aït Ouakli en colère…

Comme au premier jour du mois de Ramadhan, le siège de l’APC de M’Kira a été fermé par les citoyens du village Aït Ouakli, situé dans la partie basse de la localité, mercredi dernier, dernier jour du mois sacré.

En effet, les jeunes de ce village, accompagnés de quelques aînés, sont venus crier leur colère et leur désarroi, face au calvaire qu’ils endurent depuis plus de six mois. « Voilà maintenant plus de six mois, pratiquement depuis le début du mois de février passé que nous n’avons aucune goutte d’eau », nous déclarent ces protestataires, venus dès le début de la matinée cadenasser le portail de la mairie et renvoyer les fonctionnaires. « Nous serons toujours confrontés à ce problème de manque d’eau tant que la programmation du pompage ne sera pas réglé. La commune de M’kira continuera à souffrir tant qu’elle n’aura pas son propre couloir à partir de la SR4 de Tizi-Larbaâ », nous confie M. Ahmed Fettoum, membre de l’exécutif communal. Aux côtés de M. Meziane Hassini, un autre élu chargé du social, il expliquait aux citoyens la situation de la commune en ce qui concerne cette question d’AEP. Les deux élus restent confiants quant à l’issue de cette situation, d’autant plus qu’ils avaient l’assurance d’un nouvel arrivage d’eau à partir de midi et tentaient ainsi de faire patienter ces protestataires. « Le village d’Aït Ouakli, situé à l’extrémité du réseau d’AEP, est précédé de plusieurs importants villages, comme Igdourène et Bouhadj, où sont enregistrés de très nombreux branchements anarchiques. Par conséquent, la quantité d’eau qui lui est destinée n’arrive jamais avec la pression nécessaire. A midi, les deux élus se rendent aux niveaux des deux réservoirs d’eau pour constater l’arrivage de l’eau, promis la veille, mais le chef de la station SR4 leur demande de patienter encore une demi-heure. Entre temps, les jeunes du village d’Aït-Ouakli arrivent sur les lieux et constatent qu’un réservoir est à moitié plein et demandent à ce qu’il soit envoyé vers leur village. Mais ils essuient un refus catégorique de la part du responsable de la distribution de l’eau qui reste imperturbable malgré les menaces et  les vociférations. Il leur fera remarquer la non faisabilité de la chose et sur le plan pratique, car cette quantité d’eau n’arrivera jamais chez eux étant insuffisante, et sur le plan de la règlementation, car elle est réservée dans le cadre du plan ORSEC. A midi et trente minutes, quelques jeunes assistèrent à l’arrivée de l’eau, avec une grande pression, et des cris de joie fusèrent. Quelques instants plus tard, deux véhicules de l’APC prennent la route vers le village des Aït Ouakli pour constater et vérifier l’arrivée de ce précieux liquide alors que des jeunes ont tenu à se poster sur chacune des  vannes, tout au long du parcours, pour empêcher un quelconque détournement vers d’autres villages. « Avec la réalisation de deux autres réservoirs et surtout  la pose d’une nouvelle conduite pour le village de Taka, le problème sera résolu en partie, en attendant bien sûr un nouveau couloir pour M’Kira à partir de la SR4 », nous déclarent nos deux élus, contents de voir s’arranger la situation mais également d’avoir gagné la confiance de ces jeunes et de les avoir sensibilisés.

Essaïd Mouas