L’émission « Tamurt-nnegh » à Ighil Ali

L’équipe de l’émission « Tamurt-nnegh » de la télévision nationale, sous la houlette de son présentateur Chérif Mammeri, a séjourné du 21 au 23 du mois de novembre à Ighil Ali pour le tournage d’un numéro consacré à Ighil Ali et la région des Ath Abbas ainsi qu’aux écrivains Amrouche. A cet effet, le plateau de l’émission a été placé sur un site pittoresque donnant sur le village Ighil Ali, la vallée de la Soummam et, à perte de vue, les chaînes montagneuses du Djurdjura. Pour répondre aux besoins de Chérif Mammeri qui tenait cordialement à ce que le décor soit naturel et mette en valeur la beauté de la Kabylie, le plateau est agrémenté d’un décor traditionnel et pastoral. L’éloquent présentateur, Chérif Mammeri, visiblement avide de connaître sur les écrivains et leur village, pose question sur question à ses invités, à savoir MM. Abdelkrim Djaâd, Djamel Alilat, Bessaid Khiari et le vétéran des Amrouche, Dda Chérif. Les interventions des uns et des autres portant sur tout ce qui a trait au village « métiers, traditions, histoires, spécificités de la région, etc. ) Ainsi qu’à la vie, l’œuvre et le combat des Marie Louise Taos et Jean Mouhoub Amrouche et Marguerite Fadhma Nait Mansour Amrouche. Les témoignages de Dda Chérif qui a côtoyé les écrivains Amrouche ne manqueront certainement pas d’émouvoir le téléspectateur. Les débats son entrecoupés d’une carte postale du village Ighil Ali, de reportages sur le dernier armurier du village, les tambourins de la région, « Taggurt n at Abla » (la porte d’At Abla), etc. La grande surprise de l’émisison, une première sur l’ENTV, c’est l’entrée sur le plateau du célèbre chanteur Oulahlou qui remplace l’écrivain journaliste Abdelkrim Djaâd. Le chanteur rebelle roulé dans une grande tunique traditionnelle (Taqeccabit), la barbe de barde, les cheveux d’or, interprète joliment avec sa guitare sèche noire quelques-uns de ses titres, tels que « Tilelli », « D Ahwawi », « Tibkit », sous le regard admiratif de ses deux anciens camarades de classe au lycée Debbih Chérif d’Akbou, en l’occurrence Chérif Mammeri et Djamel Alilat. Entre une chanson et une autre, Oulahlou répond aux questions de l’animateur sur son œuvre et sur Taos Amrouche. « Taos Amrouche a marqué d’une empreinte indélébile la chanson kabyle », soutient Oulahlou. L’émission se termine sur un goût d’inachevé avec une belle chanson inédite d’Oulahlou dédiée à Taos Amrouche et écrite tout juste dernièrement et spécialement pour l’émission. L’ »extra-terrestre de la chanson kablye », pour reprendre l’expression de Djamel Alilat, a ajouté une touche de beauté particulière à l’émisison. Soulignons que ce travail n’aurait pu être réalisé sans le coup de main de l’association « Taos et Jean Amrouche » d’Ighil Ali. Enfin, Chérif Mammeri compte retourner à Ighil Ali pour un reportage sur la célébration du premier du printemps (Amenzu n tefsut) et à l’occasion du centenaire de Jean Amrouche qui sera célébré le mois de février 2006.

Karim Kherbouche