La quatrième édition du festival local du tapis d’Aït Hichem a pris fin, jeudi dernier. En effet, c’est au niveau de la maison du tapis du village qu’il a été procédé à la clôture officielle de ce festival.
Ainsi, un vibrant hommage a été rendu aux femmes tisseuses pour le travail qu’elles réalisent et leurs sacrifices afin de conserver ce legs culturel. Le tapis d’Ath Hichem, comme tout le monde le sait, est réputé pour ses jolis motifs et sa belle décoration. Cette dernière est caractérisée, notamment par sa symétrie de dessins qui se recoupent dans le sens longitudinal et transversal. Un métier que les tisseuses d’Ath Hichem décrivent comme étant pénible, et ce, est dû au manque de moyen matériel, ainsi que la rareté et la cherté de la matière première. Mais malgré ça, elles affichent un amour fidèle et inséparable envers le métier du tissage, qu’elles considèrent comme leur seul revenu. Cet avis est partagé aussi par le commissaire du festival qui est revenu, lors de son allocution, sur les mécanismes et les stratégies à entreprendre pour faire sortir le tapis de son anonymat. L’orateur expliquera que seul la création d’un office touristique peut relancer l’activité du tissage de tapis. « La quatrième édition fût un succès considérable, ce qui montre l’importance accordée à ce produit de terroir. Après des consultations avec les ateliers et les tisserands, nous avons décidé d’initier un projet portant sur la création d’un office touristique pour développer le tapis. De ce fait, nous interpellons le ministère de la Culture ainsi que la direction, de nous accompagner dans ce projet afin de rechausser la valeur du tapis ». Et d’ajouter : « Notre combat ne s’arrête pas là puisque nous envisageons la création d’un musé d’art du tissage dans notre village qui sera bénéfique, non seulement pour nos femmes tisseuses mais aussi pour toute la localité d’Ait Yahia », dira-t-il. Pour sa part, le directeur de la culture, M. El Hadi Ould Ali et après avoir rendu un vibrant hommage aux tisseuses, a indiqué que le moment est venu pour une reconnaissance juridique de la Maison du tapis d’Ait Hichem. Une reconnaissance qui se fera, selon lui, par la réalisation d’un musé d’art de tissage où toutes les tisseuses puissent travailler dans de bonnes conditions. « C’est l’un des objectifs du ministère de la Culture, qui a insisté sur la reconnaisse juridique de la maison du tapis actuel, en la dotant d’un statut et des moyens. Je pense que c’est la meilleure chose qui sera dédiée à ces grandes femmes. Nous serons toujours disponibles pour la promotion de l’artisanat et la culture en général. Le patrimoine de notre pays est riche. Nous sommes fiers de cela ». Quant au maire d’Ait Yahi, il a accentué son intervention sur la nécessité d’accompagner ces femmes qui réalisent des miracles avec leurs doigts de fées. « L’honneur du tapis est l’honneur de notre commune. Pour cela, nous nous ménagerons aucun effort pour contribuer d’une façon efficace à la promotion de cet art ancestral », précise-t-il. Par ailleurs, des remises de prix de participation ont été octroyées, sous les youyous, aux ateliers exposants et au doyen du tissage. Des diplômes d’honneur ont été également remis aux trois meilleures tisseuses. Le premiers prix est revenu à Mme Ben Aissa Fatiha, alors que le second et le troisième sont revenus, respectivement, à l’atelier Aaban et Azar.
Slimane Ben Addi

