Avec l’hiver, c’est le retour des petits vendeurs de plantes qui refont apparition : ils présentent, tout au long des autoroutes, des bottes de blettes, de navets et surtout de cardes d’artichaut, la fameuse taghediwt, dont beaucoup de citadins, notamment Algérois, qui fréquentent ces routes raffolent. En fait ces vendeurs… ont toujours été là, été comme hiver : c’est seulement la nature de la marchandise qui a changé. Si en été, c’est la figue fraîche, la figue de Barbarie ou le raisin qui sont proposés à la vente, en hiver, ce sont surtout les légumes nouveaux et les cardes qui ont le vent en poupe. Et on peut dire que ce marché est prospère, en raison de l’engouement des gens pour les produits vendus. Il y a non seulement la nostalgie de produits prisés par de nombreuses personnes mais aussi le désir de consommer des produits du terroir. Produits fruits et naturels, dit-on, qui changent un peu des produits habituellement consommés dans les villes. En Algérie, comme dans beaucoup de pays, il y a, chez les citadins, une sorte de néohippocratisme, fondé sur un retour à la nature. Un retour qui s’exprime notamment par des pratiques alimentaires et thérapeutiques recourant aux produits naturels, jugés plus sains et plus conformes aux besoins de l’homme. C’est ce qui explique le nombre de plus en plus grand de gens se soignant aux herbes et consommant beaucoup de légumes et de plantes potagères. C’est tant mieux pour la santé publique et pour les petits vendeurs sur le long des autoroutes !
S. Aït Larba
