Pour cet énième conclave, les rappelés du service national des années 1995 /99 ont choisi le village Agounène, sur les hauteurs de Sidi Ali Bounab, commune de Tadmaït, pour mettre au point, avant-hier, samedi 31 août, leur plan d’action. Ils étaient 150 rappelés, venus de 11 daïras, à répondre à l’appel lancé par M. Ali Babaci, secrétaire de la coordination. Des invités ont fait le déplacement de la wilaya de Bouïra.
M. Ali Babaci, que nous avons contacté a bien voulu nous relater les points inscrits à l’ordre du jour de cette réunion, dont « attirer l’attention du public sur le fait que leur mouvement était indésirable, puisque ses représentants ne furent pas invité à entrer dans la salle, lors de la visite du Premier ministre dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Ces derniers voulaient pourtant remettre une lettre et une plateforme de revendications à M. Sellal ». Pour ces rappelés, il est très urgent de « resserrer les rangs, afin d’arracher nos droits bafoués par ceux-là mêmes qui avaient fait appel à nous, quand le pays était en danger, aux prises avec la nébuleuse islamiste et terroriste des éléments de l’ex-GSPC ». Notre interlocuteur nous réaffirmera que leurs droits sont aussi légitimes que nombreux : « Nous réclamons, en toute démocratie et légitimité les droits de notre mouvement qui active dans la transparence et dans un cadre pacifique. Nous rejetons toute violence. L’intégration de notre mouvement dans le cadre de la concorde civile est plus que nécessaire. Nous demandons une reconnaissance morale et physique et attendons des résultats concrets, comme une prise en charge médicale pour ceux d’entre nous qui ont été blessés et traumatisés durant la décennie noire ! », explique notre interlocuteur qui ajoute : « Nous avons répondu à l’appel du Premier magistrat du pays quand les sanglants évènements faisaient rage. Nous n’avons pas hésité une seule seconde à venir en aide à notre pays! Aujourd’hui, il a retrouvé la paix. Dieu merci ! ». Le combat de ces rappelés était noble et c’est cette noblesse qu’ils désirent voir reconnue par les hautes autorités du pays, réclament-ils. Ce conclave est aussi une occasion pour les participants d’apporter leur soutien à leurs camarades du Sud qui organiseront une action le 12 Septembre prochain, à Béchar. Celle-ci regroupera environ onze wilayas du Sud. Au terme du conclave de samedi dernier donc, un hommage a été rendu aux 50 martyrs, tombés au champ d’honneur entre 1958 et 1959, et qui sont enterrés sous le pont d’Agounène (commune de Tadmaït). Un endroit transformé en un lieu de recueillement et de mémoire.
Arous Touil
