La wilaya de Bouira a connu, hier, une journée particulièrement mouvementée, avec pas moins de trois actions de protestation. Ainsi, de l’Ouest à l’Est en passant par le chef-lieu de la wilaya, plusieurs dizaines de citoyen ont manifesté pour diverses raisons.
Les citoyens d’El Krarib ferment le siège de leur APC
Dans la commune d’Aomar, située à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Bouira, les villageois d’El Krarib, une bourgade distante de 05 kilomètres du chef-lieu communal, ont fermé le siège de leur APC durant toute la matinée d’hier. Cette action avait pour but, selon les contestataires, d’exiger la réfection du CW 125 qui est en piteux état.
Les nids de poules et les crevasses y sont légion, sans parler de la gadoue qui refait surface à la moindre ondée. Plusieurs manifestants ont déclaré qu’ils ont, à maintes reprises, interpellé les autorités locales à propos de leurs problèmes. Mais, d’après nos interlocuteurs, aucune suite n’a été donnée à leurs requêtes. « Nous avons plus qu’assez des fausses promesses. Le maire est au courant de notre situation, cependant il n’a pas levé le petit doigt », nous a-t-on affirmé. Et ce n’est que vers les coups de 13h, que les citoyens mécontents se sont résolus à revenir à de meilleurs sentiments en rouvrant le siège de leur mairie, après avoir reçu des garantis de la part des services de la municipalité que les travaux de réfection du CW25 allaient être bientôt entamés.
En attendant les résultats de l’autopsie…
À l’autre extrémité de la wilaya et plus exactement dans la localité de Raffour, à une soixantaine de kilomètres à l’est du chef-lieu de la wilaya, des citoyens avaient fermé la RN26, reliant Bouira à Béjaïa. Ces derniers dénoncent le retard mis par les enquêteurs et exigent que la lumière soit faite sur la mort d’une jeune femme de 24 ans, retrouvée par son mari, pendue dans leur domicile à Ath Yakhlef, le 20 juillet passé. Les parents de la défunte, originaire de Raffour, avec lesquels se sont solidarisés les citoyens de cette localité ont décidé de la fermeture de la RN26 à l’aide de pierres et de pneus enflammés en paralysant, ainsi, la circulation sur une bonne partie de l’est du pays. Sur les lieux, nous apprenons de la bouche même des frères de la défunte, que : « cette action a été décidée après que le juge d’instruction du tribunal de Bouira, nous a informé dimanche passé que le dossier est toujours en instruction et qu’il attend les résultats de l’autopsie, effectuée dans un hôpital à Alger ». Les parents qui remettent en cause la thèse du suicide, exigent à ce que l’enquête avance rapidement et que les résultats leur soient communiqués.
Les manifestants d’Ath Leqsar reviennent à la charge
Au niveau du chef-lieu de la wilaya, plusieurs dizaines de manifestants issus de la commune d’Ath Laqsar, à une trentaine de kilomètres au sud-est de Bouira, sont revenus à la charge, en organisant un sit-in devant le siège de la wilaya. Les manifestants n’ont pas cessé de réclamer la libération « immédiate et sans conditions » de leurs compagnons. Ces derniers, en l’occurrence, Madassi Mohamed, Meziani Rabah et Bouzidi Abdeslam, ont, pour rappel, été placés sous mandats de dépôts, jeudi dernier, par le parquet de Bouira, pour motifs d’« attroupement illégal, saccage de biens publics et tentatives d’agression à l’encontre du wali de Bouira ». Visiblement mécontents de leur dernière réunio, qui s’est tenue dimanche dernier avec le Premier magistrat de la wilaya et d’autres élus, les contestataires n’en démordent toujours pas et continuent de réclamer haut et fort la libération « expresse » de leurs détenus. Mais, hier, on a senti une certaine radicalisation de leur mouvement. D’ailleurs, certains jeunes n’ont pas hésité à s’insurger contre ce qu’ils ont qualifié de « hogra », de la part du wali de Bouira. « Nos jeunes n’ont rien fait. Ils sont injustement incarcérés. On ne bougera pas d’ici, avant qu’ils soient libérés. Nous exhortons les autorités à faire preuve de sagesse et de discernement dans cette affaire. Ces jeunes qui ont été interpellés n’y sont absolument pour rien. On ne veut pas qu’ils servent d’exemple et nous continuerons notre mobilisation jusqu’a ce qu’ils soient relâchés », ont-ils martelé. D’autres ont littéralement voulu se diriger vers la sortie-Ouest de l’autoroute afin de la bloquer. Fort heureusement, certains sages ont tout de suite pris les choses en main, en écartant pour l’heure cette éventualité.
R. B. et O. S.
