Elle aura lieu, au plus tard, durant la première semaine d’octobre – La tripartite validera-t-elle le crédit à la consommation ?

Mis en veilleuse depuis la loi de Finances 2009, le crédit à la consommation, mais cette fois-ci exclusivement pour les produits made in Algeria, semble faire son bonhomme de chemin et constituerait même le point déterminant au menu de la prochaine tripartite.

L’on a appris, par ailleurs, lors de la rencontre du Premier ministre, Abdekmalek Sellal, avec les représentants des conseils économiques et sociaux, que le dossier est déjà finalisé et se trouve sur le bureau du Premier ministre. Il sera débattu et pourrait, par voie de conséquence, être validé lors de cette tripartite. En d’autres termes, la question du crédit à la consommation sera évoquée dans un cadre de débat général ayant trait la problématique de la production nationale. De son côté Abdelmadjid Sidi Saïd, secrétaire général de la Centrale syndicale a proposé cette option dans le but de «stimuler la production nationale», a-t-il encore ajouté. « Notre seul intérêt est que derrière chaque produit acheté ce sont des postes d’emplois qui sont sauvés», a encore précisé Sidi Saïd. Ce dernier est allé même jusqu’à dire préférer un produit algérien même s’il est mal fait. Il a rappelé que beaucoup de pays, comme la France, ont recours à ce genre de politiques, sans hésitations et sans tabous. L’UGTA aura de forts arguments à faire valoir lors de cette tripartite, en défendant le principe du retour du crédit à la consommation, «destiné exclusivement à la production nationale (publique et privée)». L’expérience acquise lors de ces trois dernières années, à travers le «marché de solidarité» qui a vu le jour un peu partout durant le mois de Ramadhan, est une «preuve concrète de l’importance et de la qualité du produit local». Même son de cloche chez le patron des patrons, Réda Hamiani, qui n’y voit pas d’inconvénients. Il estime que  la balle est dans le camp du gouvernement. Seul bémol, «il ne faut pas que cela se traduise par l’achat de produits venus de l’étranger», a estimé Hamiani. Pour le président du FCE, qui intervenait, hier matin, sur les ondes de la radio nationale, «Elle va donner la bonne direction». Et comme argument pour aller vers cette option, Hamiani explique : «L’idée est simple : nous avons des besoins exprimés par nos populations. Avec un pouvoir d’achat augmenté par nos autorités ces dernières années, il ne faut pas que cela se traduise par des achats venus de l’extérieur», a-t-il indiqué en ajoutant : «Il faut que nos usines travaillent». Cependant, a-t-il tenu à avertir, «il ne faut pas donner à ce crédit à la consommation une mesure extraordinaire, car au final, il ne concernera que l’achat de l’électroménager ou des chambres à coucher pour des jeunes nouvellement liés par le mariage. D’autant que les véhicules demeurent exclus. Cependant, le domaine du crédit à la consommation reste certes limité mais nous estimons que c’est un signal fort qui est donné pour inciter les producteurs locaux à mettre leurs produits sur le marché avec plus de facilités du point de vue vente et ainsi booster la production nationale». Pour ce qui est de la tenue de la tripartite, tant attendue, Hamiani a affirmé qu’elle est prévue « pour la dernière semaine du mois en cours ou au plus tard la première semaine d’octobre prochain». Pour l’heure, les organisations patronales attendent « la confirmation du Premier ministre quant à la date précise de sa tenue», a-t-il ajouté. A cette occasion, ces mêmes organisations patronales «tenteront de parler d’une seule voix» et présenteront «deux documents bien distincts». L’un sur la politique économique générale du gouvernement et l’autre sur les difficultés que rencontrent les chefs d’entreprises. Le premier document porte sur «la doctrine et la politique générale du gouvernement». «Il s’articule autour de propositions formulées par le patronat», a indiqué Reda Hamiani. Les éléments contenus dans ce premier document portent ainsi sur «la précision de la vision économique du gouvernement, la politique industrielle et la dynamisation du secteur industriel, ainsi que le rôle de l’Etat et la place du secteur privé algérien».

Ferhat Zafane