La situation conflictuelle qui prévaut au sein de la mairie d’El-Adjiba depuis plusieurs mois n’arrive toujours pas à connaître son épilogue. Elle vient même de prendre une autre dimension qui pourrait l’envenimer. Ainsi, après des hésitations et autres attentes, un bras de fer est engagé entre les fonctionnaires et le premier magistrat de la municipalité. Dans une requête adressée aux différents responsables hiérarchiques, dont une copie nous est parvenue, les protestataires dénoncent fermement l’attitude du maire à leur égard. Ils énumèrent les différents dépassements à commencer par les ponctions sur salaire dont ils ont fait l’objet : « Au moment où l’Etat algérien multiplie les efforts à l’effet de réunir les meilleures conditions de travail aux fonctionnaires avec l’augmentation des salaires, nous voilà nous, fonctionnaires à la mairie d’El-Adjiba victimes des retenus abusifs sur salaire malgré les autorisations d’absence ». Ne s’arrêtant pas là les rédacteurs de cette requête ajoutent : « le maire programme nos sorties pour le congé annuel comme bon lui semble sans se concerter avec les intéressés ». La goutte qui a fait déborder le vase est la notation pratiquée par le premier responsable de cette commune dans le cadre de la prime du rendement. Les fonctionnaires de la commune ont, à travers cette réclamation, dénoncé fermement la décision prise par leur responsable, qualifiée de « dépourvue de toute logique ». Dans cette optique de notation justement, les contestataires veulent attirer l’attention des responsables concernés sur les motivations du maire. « C’est une attitude caractérisée par un mépris flagrant pour le travail accompli et une atteinte à notre dignité », disent-ils. Cet état de fait a été illustré par les protestataires par le nombre de démissions enregistrées ainsi que des demandes d’affectations formulées depuis la prise de fonctions de ce maire. Toujours selon le document en notre possession, les fonctionnaires n’ont pas attendu aujourd’hui pour se révolter contre ces mesures coercitives. Bien au contraire, ils ont attiré l’attention des vice-présidents ainsi que celle du chef de la Daïra de Bechloul mais, « notre doléance n’a pas eu l’effet escompté et la méchanceté à notre égard a augmenté d’un cran », précisent-ils. Devant cet état de fait, les protestataires qui ont saisi le wali de Bouira, le DRAG, l’inspection générale et le chef de Daïra de Bechloul sont déterminés à aller jusqu’au bout de leurs revendications et demandent à ce que cessent toutes les intimidations et les pressions qui s’exercent sur eux. Aussi, ils mettent en garde contre toute forme de ponction sauf dans le cas réglementaire. Les signataires de la requête demandent également le respect strict du barème relatif à la prime du rendement et que cessent les menaces de radiation sur les ouvriers contractuels. En attendant l’intervention rapide et urgente des autorités compétentes, les fonctionnaires de la mairie d’El-Adjiba ont accordé un ultimatum d’une semaine prenant effet le 24 septembre dernier, pour que soit mis un terme « au comportement dictatorial et autoritaire du maire ». Si leurs revendications n’étaient pas prises en charge, les contestataires n’excluent pas le recours à une grève illimitée pour faire valoir leurs droits. Rappelons par ailleurs que le maire d’El-Adjiba, d’obédience FFS, a pris les commandes de la municipalité après les élections du 29 novembre 2012, en obtenant un seul et unique siège sur les quinze que compte l’Assemblée. Il a été plébiscité suite à une alliance contractée avec deux autres formations politiques.
S. M.
