À l’aide de pneus enflammés, de troncs d’arbres et de grosses pierres récupérées sur
les chantiers environnants, les habitants du bidonville de Oued Aïssi, sis à proximité de l’établissement hospitalier psychiatrique Fernane Hanafi, à une dizaine de kilomètre du chef-lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou, et qui relève de la juridiction de la commune d’Irdjen, ont procédé hier vers 03h du matin, à la fermeture de la route nationale N°12.
Les représentants des protestataires nous déclareront que leur colère est due aux promesses non tenues par les autorités locales concernant leur relogement. Cette action de protestation a provoqué des bouchons monstres, au niveau de la voie rapide de Oued Aïssi, ce qui s’est répercuté sur la route nationale N°30 qui dessert les régions de Ouadhias, Ouacifs et Ath Yenni ainsi que le chemin de wilaya qui mène vers la commune de Beni Douala, Tabarkoukt. La majorité des voyageurs des dites localités ont donc préféré passer par Oued Aïssi pour rallier le centre-ville évitant ainsi la station multimodale de Beni Douala. Ce qui a amplifié l’anarchie provoquée par les véhicules et le chantier récemment lancé au niveau de l’ancien rond-point, près de la cité de jeunes filles de Oued Aïssi. Les étudiants et résidents du campus et de la cité universitaire de Tamda n’ont pas été épargnés par cette pagaille. Ils furent obligés à marcher près de cinq (05) kms pour rallier la station multimodale de Timizart Loghbar pour prendre le bus vers le centre-ville et rejoindre enfin leurs départements respectifs. Les travailleurs de la zone industrielle de Oued Aïssi ont également dû marcher sur des kilomètres, mais eux dans le sens inverse, pour rejoindre leurs lieux de travail. Pour en revenir aux habitants du bidonville de Oued Aïssi, et selon leur porte-parole, ils sont exaspérés par le fait que les autorités leur avaient promis de les reloger, sans que ces promesses ne soient suivies de faits. « Nous avons établi une liste de 240 familles à reloger et l’avons adressée aux autorités locales qui l’ont validée et nous ont promis de nous construire des logements sociaux ici même à Oued Aïssi. Mais ce n’étaient que des mensonges. Ils nous ont trahis une fois de trop ! », dira notre interlocuteur. Il ajoutera : « Nous voulons des logements ou du moins des terrains pour avoir droit à l’aide de l’Etat à l’auto construction ».
L’un des protestataire nous déclarera : « nous vivons dans la précarité dans des conditions de vie inhumaines au milieu des égouts et des rats. Nous sommes des Algériens non ?!». Les protestataires menacent de durcir le ton si les autorités persistent dans leur indifférence à notre déplorable situation. La journée d’hier fut donc, encore une fois, interminable pour les citoyens de la capitale du Djurdjura qui se sont retrouvés comme à chaque fois pris au piège.
Karima Talis

