«On a fait du RND une passerelle pour acquérir des privilèges»

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A moins de deux semaines du congrès de wilaya du parti, prévu le 26 du mois en cours, le nouveau secrétaire de wilaya, El Hadj Mahdi Amar, ancien syndicaliste et ex-président du groupe parlementaire du tiers présidentiel sous l’ère du président Zeroual puis Bouteflika, brise le silence et balance ses vérités.

La Dépêche de Kabylie : Avez-vous tracé une feuille de route pour dépasser le climat délétère qui régnait au RND de Béjaïa ?

 Amar Mahdi : Les tâches importantes que nous avons le devoir d’accomplir nécessitent la mobilisation de tous les militants et un effort considérable, tout en mettant de côté toutes les situations ambigües et les discours confus. Et à partir du principe unitaire qui détermine l’action commune pour de mêmes objectifs. Le temps de la bureaucratie politique est révolu et seul l’intérêt de la nation prime. Le parti n’est plus l’héritage de quiconque, notre méthodologie d’action, adoptée par l’instance suprême du parti, est de couper définitivement les ponts avec l’empirisme et le dogmatisme. Il faut évaluer les résultats, en tirer les enseignements utiles et, au besoin, corriger les erreurs, opérer des redressements ou des rectifications et aller de l’avant.

Le parti a vécu une période figée qui a poussé l’ex-secrétaire de wilaya à jeter l’éponge juste après la démission du secrétaire général Ahmed Ouyahia. Qu’en est-il réellement ?

Le clivage vécu à l’époque du secrétaire sortant est né d’une gestion opaque, à sens unique, ayant des objectifs typiquement  personnels. Autrement dit, on travaillait à des fins personnelles à Béjaïa et le parti n’était qu’une passerelle pour atteindre certains privilèges. Ceci est à bannir définitivement et il faut laisser place à la coordination, à la collaboration et à la complémentarité entre les diverses structures du parti. Car, favoriser la division, répandre la confusion et utiliser un discours ambigu, sont des réflexes staliniens étrangers au RND, qui n’a jamais cessé de rappeler la nécessité d’approfondir la notion d’unité d’action, à laquelle il est attaché. Donc, je dirai que la force d’un parti réside dans sa volonté d’être efficace et de parvenir à corriger ses erreurs. Ce n’est pas en ignorant les problèmes qu’on pourrait avancer, de même que négliger la réalité est le plus court chemin vers l’impasse. Quant à tromper l’histoire, il n’existe plus de mystification plus condamnable. Il est plus qu’indispensable de privilégier le dialogue démocratique et responsable, tout en adoptant l’évaluation périodique pour atteindre l’objectif tracé qui est l’édification d’un parti avec des hommes capables d’innover et de créer un développement national authentique, loin de toute idée rétrograde reposant sur l’intérêt individuel au détriment des principes du parti. Et lorsque la haine, l’égoïsme et le manque de maturité politique des cadres minent l’entourage du parti, comme c’était le cas à Béjaïa, l’échec est inévitable.

Est-ce alors un nouveau départ pour le RND à Béjaïa ?

A travers ses structures de base, je peux vous dire qu’aujourd’hui, le RND à Bejaia est à la hauteur des immenses responsabilités qui lui sont dévolues. Il reste que sa préoccupation majeure est de se parfaire, se renouveler et évoluer avec les exigences des contextes que traverse le pays. Justement, la durabilité de vie d’un parti politique repose sur la complémentarité des actions et la coordination des activités, tout en préparant la relève qui n’est autre que la masse juvénile qui doit faire preuve de qualités de mobilisation et d’abnégation. Oui, les jeunes sont les principaux atouts du pays et nous pèserons de tout notre poids pour que le RND soit l’habitacle naturel et leur lieu privilégié de          

 Propos recueillis par Rabah Zerrouk.

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