Violences

Lors de la Journée d’étude sur la violence contre les femmes, organisée la semaine dernière à Zéralda, à l’ouest d’Alger, on a tiré la sonnette d’alarme : les violences contre les femmes et les enfants connaissent une recrudescence inquiétante. Selon les chiffres fournis par le Ministère délégué à la famille et à la condition féminine, pas moins de 3739 femmes ont été victimes, ces derniers mois de sévices plus ou moins graves, treize d’entre elles ont succombé à leurs blessures. Les enquêtes menées par le Centre national d’études et d’analyses pour la population et le développement ont montré que la plupart des violences sont le fait de proches : père, mari, frère. Par ailleurs les mauvais traitements sont, dans plus de la moitié des cas, physiques : coups, viol, renvoi du domicile conjugal… Elles concernent des mineurs mais aussi des adultes ; la catégorie la plus touchée étant celle des 21-5o ans. Les causes de ces violences sont variées et vont des problèmes psychologiques aux problèmes sociaux, comme la pauvreté, le divorce des parents ou le chômage. Dans ces enquêtes, on a montré qu’il n’y a pas que les femmes qui subissent les violences : les jeunes garçons sont également concernés et, entre 11 et 15 ans, ils sont même plus exposés que les filles. Une enquête a été consacrée aux enfants vivant dans les rues : si certains ont été renvoyés par leurs familles, d’autres ont fui eux-mêmes ces familles, généralement à la suite d’échecs scolaires ou de mauvais traitements. En dépit de la recrudescence des violences, il n’existe, pour toute l’Algérie que deux centres d’accueil, un à Alger et un autre à Tlemcen, ce qui est insuffisant pour recueillir et conforter les victimes de la violence, de plus en plus nombreuses.

S. Aït Larba