Les habitants de plusieurs villages situés dans la commune d’Ighil Ali, à 93 kms de la ville de Béjaïa, souffrent énormément de l’isolement et de l’enclavement.
Le transport public des voyageurs n’est pas assuré dans ces localités, éloignées de surcroît du chef-lieu communal. Le problème se corse davantage pour ceux qui ne sont pas véhiculés et qui se voient obligés, soit de faire l’auto-stop ou de louer des taxis clandestins en payant chèrement ce « service ». Ils n’ont, malheureusement, pas d’autres choix. Imaginez, pour aller du village El Kelâa à Ighil Ali, il faudra payer un clandestin, qui vous exige une course tarifée à 800 DA pour un trajet de 25 kms seulement ! Encore, pour aller du village Tiniri à Ighil Ali, vice-versa, là encore il faut payer 700 DA la course ! Les habitants des autres villages, comme Mouka, Zina et Tabouâanant, pour ne citer que ceux-ci, sont contraints de payer 400 DA la course. Ce sont là quelques tarifs que nous avons pu « glaner » dans les différents entretiens que nous avons eux avec des habitants de ces villages. « C’est vraiment la galère! Il faudra que les autorités prennent en compte ce problème en assurant le transport public dans ces villages enclavés ! » Nous dit un habitant du village Tabouâanant. Mais le plus préoccupant dans tout cela, c’est les cas d’urgences médicales qui constituent la hantise des habitants. Le point d’urgence de la polyclinique d’Ighil Ali est très éloigné il l’est encore davantage s’agissant de l’hôpital d’Akbou. Selon des sources locales, beaucoup de patients meurent en cours de route et des femmes ont accouché durant le trajet ! Pour toutes ces raisons, beaucoup d’habitants ont préféré quitter leurs villages pour s’installer ailleurs, notamment à Ighil Ali et à Akbou. « Je suis originaire du village Zina. Nous vivions le calvaire au quotidien. Tout nous manquait. Aujourd’hui, j’habite avec ma petite famille à Ighil Ali et ça va mieux ! », nous dit un ex-garde communal. Certes, les conditions de vie dans les villages de la commune d’Ighil Ali sont très difficiles, d’où cet exode rural qui continue malheureusement.
Syphax Y.

