Dans le but d’en savoir plus sur le sujet et de connaître les raisons des retards, attache a été prise avec le directeur de la SDC de Bouira, M. Salhi. Ce responsable nous a expliqué que ce sont les » particularités » de la région Est de la wilaya qui seraient la cause de tous ces retards cumulés. Ainsi, et à propos de la défaillance de certaines entreprises, notre interlocuteur dira : » À un moment donné on s’est presque retrouvé à supplier les entreprises à venir travailler dans la région. Je le dis en toute franchise, les entreprises rechignent à travailler là-bas », a-t-il indiqué. Interrogé sur les raisons qui poussent les entreprises à refuser de prendre des projets, notamment dans les localités de Takerboust et Bahalil, M. Salhi notera, avec une pointe de regret : » Comme je vous l’ai dit d’emblée, cette région est très particulière. Les citoyens s’impliquent partout et, par conséquent, empêchent les entreprises de travailler en dégainant des oppositions à tout va », fera-t-il savoir. Et d’enchaîner en racontant des anecdotes assez cocasses, qui traduisent la situation, jugée par notre vis-à-vis d’ubuesque. » Certaines entreprises se sont retrouvées à sous-traiter avec les citoyens, afin qu’elles puissent travailler tranquillement. Chaque deux mètres, une opposition, qui ne repose sur aucun fondement logique surgit. Je vous le dis, certains entrepreneurs ont quitté leur chantier au bout de quelques mois seulement », nous a-t-il confié.
« Kahrif est défaillante mais… »
Mais dans le lot, il y a également des entreprises défaillantes au sens propre du terme. À titre d’exemple, M. Salhi évoquera l’entreprise Kahrif, qui a plusieurs projets dans la localité de Bahalil. » Kahrif, est défaillante! D’ailleurs, nous en sommes à notre troisième mise en demeure avec elle », a-t-il dit. Dans ce cas, pourquoi ne pas résilier le contrat, l’a-t-on interrogé ? À cela, le premier responsable de la SDC à l’échelle de la wilaya, rétorquera : » C’est la seule qui a accepté de prendre le contrat. Au risque de me répéter, nous avons les pires difficultés à trouver des entreprises qui acceptent de s’aventurer dans la région et faire face aux oppositions des citoyens ».
«Impossible de raccorder Takerboust»
Abordant le sujet du raccordement au gaz naturel dans les dédales de Takerboust, ce responsable s’est montré assez pessimiste sur la question. » J’ai bien peur qu’il ne se fera jamais! », lâchera-t-il. Questionné à propos des raisons qui le poussent à dire cela, M, Salhi expliquera sa position en soulignant la topographie accidentée et aussi l’impossibilité technique de raccorder cette partie au gaz naturel. » Takerboust, est bâtie sur une montagne. Tout n’est que dédales de vieilles bâtissent qui s’enchevêtrent entre elles. Toutes les études faites à ce sujet démontrent qu’établir un réseau au niveau de la vieille ville serait suicidaire et criminel », a-t-il estimé en ajoutant : » En tant que responsable, je ne peux assumer et donner mon accord à un tel projet. Car, en cas de fuite, il nous serait quasiment impossible de la détecter. En un mot, si on décidait de raccorder cette partie au gaz, on enclenchera sciemment une véritable bombe à retardement. Et cela, je le refuse catégoriquement ».
« Les créances impayées nous plombent »
Interrogé enfin, sur l’épineux problème des créances de la SDC au niveau de la région et qui dépassent les 9 milliards de centimes, ce responsable dira : » Ces dettes nous plombent et desservent les intérêts de la région ». Avant d’ajouter : » Je suis persuadé que la plupart des citoyens de cette région sont d’une grande sagesse. D’ailleurs, je salue les citoyens de Takerboust pour leurs valeurs humaines. Toutefois, il y a une minorité que je qualifierai de meneurs qui continuent de vivre dans le passé et incitent les citoyens à ne pas s’acquitter de leurs créances ». Il y a lieu de rappeler que cette région, au même titre que d’autres, n’a pas payé ses factures énergétiques depuis les événements du Printemps noir de 2001. Invité à être plus explicite sur ce qu’il a qualifié de » meneurs », M. Salhi expliquera que certaines personnes continuent de jouer la carte de » la rébellion », alors qu’en parallèle, ils règlent leurs problèmes en douce avec l’administration. » Vous savez, on a des problèmes d’opposition à cause des créances… Eh bien, figurez-vous que certains citoyens veulent être raccordés au gaz, alors qu’ils ont une ardoise qui s’élève à plus de 50 millions de centimes. Et quand on refuse de passer l’éponge sur ces dettes, ils s’opposent au passage des tuyaux de raccordement pour leur son voisin. Ce qui bloque tout le projet. C’est absurde! », s’est-il insurgé. Notre interlocuteur conclura son intervention en appelant la population à faire preuve de sagesse. » Je dis aux citoyens, aidez-nous à débloquer la situation. Nous sommes une entreprise publique et citoyenne, qui doit son existence uniquement à ses abonnés. Nous nous efforçons d’offrir les meilleurs prestations, mais sans l’aide de la population, nos efforts demeureront stériles », dira-t-il.
O.S et R.B
