Ce n’est ni un village, ni une ville au sens propre du terme. Tikobaine, où se trouve le siège de la daïra de Ouaguenoun, ressemble à tout sauf à ce qu’il doit être un chef-lieu de daïra, digne de ce nom.
Cette daïra compte plus de 66 889 habitants à laquelle sont rattachées trois communes, à savoir Ath Aissa Mimoun, Ouaguenoun et Timizart. Pour un passager qui ne connaît pas les lieux, rien n’indique qu’il s’agit là d’un chef-lieu. Car il ne paye pas mine. Les constructions, qui longent la grande ruelle sans aucune harmonie, ne reflètent aucune esthétique et aucun goût architecturel. Preuve évidente que tout a été bâtit sans plan conçu au préalable. Ainsi, rien ne peut retenir l’œil d’un visiteur ou tout étranger qui passerait par là. Le siège même de l’assemblée communale est une battisse sans forme ni âme, si exiguë qu’elle ne peut contenir le flot de citoyens qui s’y rendent pour leurs différents besoins. Tikobaine souffre de son statut et peine à offrir un visage moderne à même de le refléter, mais à part une bibliothèque de construction récente et une maison des jeunes, les infrastructures devant répondre au besoin des citoyens de la daïra font, cruellement, défaut. La chaussée étroite et mal adaptée gène les usagers plus qu’elle ne les sert. Les sièges administratifs, à savoir celui de la daïra ou celui des impôts sont trop petits, donc, insuffisants pour répondre aux sollicitations des administrés à tel point que cela pousse les citoyens à se demander sur quelle base Tikobaine fût choisie, parmi l’ensemble des communes rattachées à la daïra de Ouaguenoun, pour être érigée en chef-lieu ? Alors, pour redorer le blason, tout doit être refait et reconstruit afin que Tikobaine puisse mériter son statut du chef-lieu d’une circonscription administrative de cette importance démographique. Pour cela, il faudrait un programme ambitieux pour sa modernisation et surtout son émancipation pour qu’elle puisse rivaliser avec les autres villes du pays. Si ce programme venait à voir le jour, cela réduirait à coup sûr le nombre hallucinant de chômeurs de cette région et drainera une affluence considérable vers la ville, ce qui relancera assurément l’économie au niveau de cette daïra. En attendant, les habitants des communes rattachées à cette circonscription préfèrent, sauf nécessité administrative, se rendre à Fréha ou à Tizi-Ouzou et même à Tigzirt pour leurs besoins quotidiens, et ce au détriment de l’essor économique de la daïra à laquelle ils sont liés.
Ait Slimane Amazigh

