La commune d’Amalou compte parmi les rares circonscriptions administratives à regarder « filer » le gaz naturel sans pour autant pouvoir goûter à ses bienfaits. « La conduite haute pression qui traverse la vallée de la Soummam est très proche des limites territoriales de notre commune. C’est l’un des arguments que nous avions avancés dans notre plaidoyer auprès des autorités pour les sensibiliser à nous raccorder au réseau », souligne le premier magistrat de la commune qui, soutient-il, fait de la concrétisation de ce projet son dada favori et sa préoccupation majeure. « Je n’ai eu de cesse d’entreprendre des démarches auprès de qui de droit, mais sans résultat probant pour le moment », nous dit-il, un tantinet dépité. « Il n’y a aucune raison qu’un citoyen d’Akbou, de Seddouk ou de Sidi Aïch dispose de cette commodité et pas un habitant d’Amalou », s’indigne Abdenour, résidant au village Ath Djemhour.
« Même si la bonbonne de gaz est chère, ce qui n’est pas un moindre mal, nous avons au moins la chance de pouvoir nous approvisionner au niveau du village, ce qui n’est pas le cas d’autres villages comme Tizi Lemnaâ ou Ighil Igueni », fait-il remarquer.
Quelques citoyens d’Amalou se disent « révulsés » par le déphasage entre le discours officiel prétendant vouloir parvenir au chimérique équilibre ville-campagne et la réalité du terrain confinant à l’amertume.
« Ambitionner la fixation des populations dans ces contrées déshéritées est pour le moins illusoire quand elles n’ont même pas de quoi se chauffer. Les projets de proximité initiés par les pouvoirs publics gagneraient à mon sens à intégrer le gaz naturel pour bénéficier de l’adhésion des citoyens, car l’ère du bois comme combustible est révolue », estime Mustapha du village Ikherchouchen.
N. Maouche
