A l’occasion de la journée portes ouvertes sur la formation professionnelle et l’apprentissage, organisée, lundi dernier, par la direction du CFPA de la commune de Mechtras, au sud du chef-lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou, pour sensibiliser et attirer des jeunes en vue de suivre des formations, il nous a été donné l’occasion de constater l’état des lieux qui prévaut dans cet établissement dont la construction remonte aux années 1926, bien avant le déclenchement de la glorieuse révolution de novembre. Sur place, nous avons appris que ce joyau, parce que s’en est véritablement un, a été ouvert officiellement par l’armée coloniale en 1932 en vue de former des agents agricoles dans les spécialités de la culture des vers à soie, de l’oléiculture et de l’arboriculture. Un centre qui s’étend sur 2 hectares englobant des salles de classe, des dortoirs pour les stagiaires, un bloc administratif, des hangars, une huilerie, une aire de jeux et même un lac à l’entrée de l’institut. Tout cela construit dans une architecture Alsacienne avec des charpentes et des murs en pierres taillées et des allées larges clôturées par des platanes de part et d’autres en nombre de 32 comme pour signaler la date de l’ouverture de cet établissement (1932). Au déclenchement de la guerre de novembre, ce centre fut converti en centre de détention et de torture. A l’indépendance du pays en 1962, le centre à repris ses activités normales pour former de nombreux cadres dans le domaine agricole répondant aux besoins de la révolution agraire. En ces temps, le centre disposait d’un jardin potager qui fournissait la cantine en fruits et légumes et en huile d’olive. En somme, le dit centre avait une bonne réputation à l’échelle nationale, mais aujourd’hui, le constat est amer car l’infrastructure est en ruine. La charpente, dont une partie s’est déjà effondrée, constitue un danger pour les stagiaires. Le lac a simplement disparu et l’aire de jeux est dans un état dégradé. L’huilerie et le potager ne sont plus qu’un souvenir et les sanitaires usés et insalubre à donner des vertiges, tellement les mauvaises odeurs et les détritus de tout genre foisonnent. Que de négligence ! Il est plus qu’urgent de réhabiliter et de restaurer cet établissement unique en son genre à l’échelle national. Rappelons tout de même que l’encadrement actuel essaie de maintenir le cap et appelle les instances concernées à faire le nécessaire pour préserver ce joyau que les riverains commencent à grignoter, tellement il n’est pas clôturé en dur.
Hocine T.
