"L'intérêt général doit primer"

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Afin d’en savoir plus sur la situation actuelle au niveau de la daïra de M’Chedallah et plus précisément dans la commune d’Aghbalou, attache a été prise avec le nouveau directeur de la SDC de Bouira, M. Khaled Nacer. Ce dernier, qui vient juste de prendre ses fonctions, livre ses premières impressions sur ce dossier  » électrique ».  Notre interlocuteur, tout en admettant les difficultés qu’éprouvent les habitants d’Aghbalou à avoir une énergie électrique digne de ce nom, souligne le problème de l’implantation des postes de transformation électrique.  » Je suis au courant de la situation et je le déplore fortement. Cependant, je dois attirer l’attention des citoyens sur une donnée essentielle: Sans assiette de terrain, notre entreprise ne peut pas bâtir des postes de transformation et par conséquent, on ne pourra pas améliorer la qualité de nos services », a-t-il tenu à préciser. Interrogé à propos des contraintes rencontrées et qui bloquent la construction d’un simple poste maçonné ce responsable citera le sempiternel problème des oppositions.  » Nous sommes une entreprise certes, mais avant tout nous avons une mission de service public. Cette mission est entravée par les oppositions des citoyens! Nous nous heurtons au refus catégorique d’implantation de postes sur les terrains privés », s’est-il désolé. Avant d’ajouter: » Pourtant l’équation est très simple: Un poste construit équivaut à une meilleure qualité de service ». À la question de savoir si la construction de ces postes nécessite une assiette assez conséquente, M. Nacer notera :  » Un poste standard nécessite une superficie de 18m2! Franchement, cette superficie est insignifiante par rapport à l’énergie qu’offrira le poste ».

« Nous accompagnons de notre mieux… »

En abordant le sujet de la consommation d’énergie électrique, pour la seule commune d’Aghbalou, le directeur de la SDC de Bouira cédera la parole au chef de division de la daïra de M’Chedallah, M. Medini. Ce dernier révélera que cette commune dépasse tous les records de consommation.  » Nous enregistrons une grande surcharge de consommation hiver comme été ! Actuellement, les citoyens de cette région se chauffe à l’électricité et dans la plus grande majorité des cas, ils le font frauduleusement. Ils ne versent aucun centime ». Et de poursuivre en indiquant que  » certains utilisent 5 à 6 résistances électriques. Pourquoi? Et bien la réponse est simple : ils le font de manière frauduleuse sans que cela ne leur coûte rien. C’est une aberration! ». M. Medini dira ensuite, avec un ton agacé  » Certains citoyens laissent des lampes allumées toute la journée. Ils font fonctionner plusieurs appareils électriques en même temps et ils le font sciemment, car ils ont l’espoir qu’un jour leur situation sera épurée et leur ardoise effacée ». Poursuivant sur sa lancée, ce responsable indiquera que les réunions avec des villageois ont été organisées, afin de sensibiliser les usagers, mais en vain. « Nous avons tenté de les raisonner par tous les moyens, sans grand résultat. Ils ont la ‘’chance’’ de bénéficier d’un confort et certains le gaspille », a-t-il estimé. Répondant à la question de savoir si cette commune  » privilégiée » consomme plus que les autres, notre vis-à-vis s’est montré catégorique : » Oui ! Au début, elle était alimentée du départ électrique de Tazmalt. Par la suite, on s’est rendu compte que ce départ ne pouvait suffire à alimenter tout le monde. Alors on a été contraint de créer un départ électrique spécial qui provient directement de la source d’Illiten. Ceci nous a coûté plus de cinq milliards de centimes ! ».  » Tous les postes bétonnés et maçonnés tournent à plein régime. On a poussé le rendorment d’un poste maçonné à son maximum, c’est-à-dire 630 KVA. Au delà c’est la surchauffe! C’est pour vous dire que notre entreprise accompagne les citoyens du mieux qu’elle peut », ajoute-t-il.  

« Nous proposons un échéancier d’un an »

Pour comprendre le sujet hautement sensible des créances, lequel, il faut bien le reconnaître  » plombe » la SDC de Bouira, il faudrait remonter le temps, jusqu’aux événements du Printemps 2001. Car avant cette date, de l’avis même de M. Medini, les citoyens d’Aghbalou étaient considérés comme étant de  » bons payeurs ». C’est par la suite que les choses se sont envenimées entre les habitants et les services de la Sonelgaz. Que fut l’élément déclencheur? Y avait-il eu des dépassements de certains agents de cette société? Ces derniers étaient-ils perçus comme des agents du  » pouvoir »? Bref, là n’est pas vraiment le sujet. Car depuis ce temps, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et la nécessité désormais consiste à renouer la confiance entre la SDC et les citoyens. Sur ce volet, M. Nacer Khaled déclare vouloir  » repartir sur de nouvelles bases ». Pour ce faire, il offre aux citoyens, qui sont encore en situation irrégulière, de s’acquitter de leur dettes, et ce, en  leur proposant un échéancier.  » J’invite solennellement nos abonnés à régulariser leur situation. De plus, nous proposant un échéancier qui peut aller jusqu’à une année pour assainir leur situation. C’est une formule que peu d’entreprises proposent », a-t-il affirmé. Dans la foulée, M. Nacer indiquera que comparativement aux années précédentes, les citoyens affichent, de plus en plus, l’intention de régulariser leurs situations vis-à-vis de leur entreprise.  » Nous assistons, non sans une certaine satisfaction, à une prise de conscience de nos abonnés. Ces derniers montrent leur intention de s’acquitter de leurs dettes et se renseignent sur les démarches à suivre », s’est-il réjouit. Ensuite, notre interlocuteur rappellera que la seule source de fonctionnement de la survie de la SDC sont les abonnements des clients.  » Il faut bien que les citoyens comprennent une chose: Si cette situation perdure dans le temps, les choses iront de mal en pis pour nous et pour eux. Comme je l’ai déjà fait remarquer, nous proposons des services à nos abonnés. Pour ce faire, nous avons besoin de fonds pour les offrir et les améliorer. Dans l’état actuelle des choses, on ne peut les améliorer, sans leurs concours », a-t-il expliqué. Et d’insister sur un point qu’il a qualifié d’essentiel :  » La SDC est une entreprise publique qui offre des prestations. On ne doit pas mélanger la politique ou autre chose. On doit tous faire la part des choses et faire primer l’intérêt général ».

R. B.

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