Le présumé auteur du crime crapuleux de Tirsathine, dans la localité d’Azazga, a été condamné hier, à la peine capitale, par le tribunal criminel de Tizi-Ouzou. Une peine qui avait été requise par le procureur de la République lors du procès qui avait suscité la solidarité et le soutien des citoyens de la région à la famille de la victime, avec notamment l’organisation d’un sit-in, hier, devant la cour de Tizi-Ouzou. L’affaire remonte au 6 juin 2013, lorsque le corps sans vie du jeune Lyès Rami avait été retrouvé baignant dans une mare de sang, à bord de son véhicule, à Tirsathine, dans la commune d’Azazga. Il était près de minuit et la victime, âgée de 30 ans et originaire du village Aït Bouada à Azazga, venait de recevoir une balle dans la tête. L’enquête, diligentée par les services de la gendarmerie, a permis de remonter la piste jusqu’au présumé assassin, A. S., âgé de 49 ans et originaire de Tirsathine. Ce dernier a, en effet, été arrêté trois jours plus tard. Les recherches des services de la gendarmerie ont pu aboutir grâce à l’exploitation, notamment, du relevé des appels téléphoniques entre la victime et le mis en cause, le jour du meurtre, quelques minutes seulement avant que le corps de la victime ne soit retrouvé. Le mobile du crime serait un litige financier entre les deux hommes. Chose que l’accusé niera lors du procès, tout comme il niera les autres griefs retenus contre lui. Les avocats de la partie civile ont axé leur plaidoirie sur les résultats des analyses ADN effectuées sur des échantillons du sang de la victime, retrouvé sur la moquette de la voiture, celui de son père, ainsi que sur des traces retrouvées sur les banquettes du véhicule du mis en cause. Les analyses ont, en effet, dévoilé un ADN identique. Lors du procès, cinq témoins ont été appelés à la barre, dont la fiancée du jeune Lyès, avec laquelle il s’apprêtait à officialiser le mariage, le lendemain de cette sinistre histoire qui lui a coûté la vie. La femme du mis en cause, son fils ainsi que deux amis de la victime ont également été écoutés, de même que le père de Lyès, qui n’a pas cessé de réclamer «justice». Le procureur de la République, après avoir entendu les divers témoignages, a requis la peine capitale contre le mis en cause, lequel, par ailleurs, possède des antécédents judiciaires. En effet, et selon la juge, il avait déjà été condamné en France, à trois ans de prison ferme pour une affaire de vol à mains armées, en plus d’une autre affaire de coups et blessures où il a été cité et d’un acquittement dont il a bénéficié faute de preuves dans une autre affaire de menaces de mort. Des antécédents qui n’ont pas été en faveur de l’accusé. Ce dernier sera, en effet, reconnu coupable des griefs retenues contre lui, à savoir «homicide volontaire avec préméditation». Il ne bénéficiera d’aucune circonstance atténuante pour le jugement final, et sera condamné à la peine capitale. Il est à noter que plusieurs dizaines de citoyens de la région d’Azazga ont organisé un sit-in devant la cour, en guise de soutien à la famille de la victime et pour réclamer que justice soit faite et que l’assassin soit puni.
Tassadit Ch.
