Le trafic ferroviaire bloqué

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Les trains ont été pratiquement paralysés, avant-hier, entre la capitale et d’autres grandes villes de l’est du pays. Les responsables de la SNCF ont formellement imputé cette perturbation «à la coupure de cinq poteaux électriques à l’entrée est du centre urbain de Reghaïa». De ce fait, les mêmes responsables pointent l’index en direction d’un groupe d’habitants du quartier «Mohamed El Bey», qui avait déjà bloqué à trois reprises en moins d’un mois, la voie ferrée à cet endroit, en signe de protestation contre la réalisation d’un centre d’enfouissement technique à proximité de leur cité. Selon le rapport de la SNCF rendu public, les trains électriques n’ont pu circuler, notamment la matinée, ni entre Alger et Thenia ni entre la capitale et l’est du pays, suite au cisaillement de cinq poteaux ayant automatiquement entraîné la chute des fils électriques permettant la circulation des trains. Dans l’après-midi d’avant-hier jeudi, les trains n’avaient assuré que la liaison entre la capitale et Reghaïa. Cette perturbation a exaspéré et pour cause, de nombreux usagers des lignes ferroviaires, qui durent perdre beaucoup de temps et d’énergie pour trouver d’autres moyens de locomotion vers leur destination. « Prévu vers 4h, le train rapide en partance pour Sétif a été finalement supprimé aujourd’hui (jeudi dernier, ndlr), et nous sommes, donc, dans l’obligation de passer une nuit de plus chez des proches à Alger », s’irrite un couple à la gare Agha de la capitale. La même souffrance a été vécue, durant ce week-end par d’autres personnes, qui attendaient vainement le rétablissement de ces lignes ferroviaires. «Dans chaque conflit, quelque soit le motif, entre un quelconque groupe d’habitants et des organismes étatiques, c’est toujours la population qui en subit les conséquences néfastes», s’indignaient les usagers des dites lignes ferroviaires. S’opposant à la réalisation d’une décharge contrôlée, prés de leur foyers, les habitants de la cité Mohamed El Bey avaient encore bloqué pour rappel, la semaine passée, le même tronçon ferroviaire. Des heurts ont eu lieu entre les gendarmes et les manifestants dont onze ont été arrêtés par les services de sécurité cités. Maintenant, il semblerait que certains protestataires aient recouru à l’acte de malveillance susmentionné en signe de refus du projet d’installation d’un CET, dont ils craignent l’impact sur leur santé. «Notre quartier est pour les personnes humaines, pas pour les déchets», clamaient-ils, à chaque attroupement au milieu de la voie ferrée, proche de leur agglomération.

Salim Haddou

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