Amizour Handicapés en zones rurales – Le calvaire !

La vie est des plus difficiles pour les handicapés vivant dans des zones rurales où le manque d’infrastructures et d’autres commodités nécessaires à leur autonomie est flagrant.

C’est dire qu’ils sont doublement handicapés, et la misère touche plus les familles des enfants inadaptés mentaux ou physiques, comme les non voyants, lesquels souffrent la galère faute de pouvoir les placer dans des centres de scolarisation spécifiques à leurs handicaps. Même  les besoins les plus élémentaires font défaut dans ces montagnes, à savoir les moyens de transport adéquats, l’emploi et des services de loisirs qui pourraient diminuer leur souffrance. Khaled, représentant de l’association des non voyants à Amizour fait un réquisitoire de ce qu’endure cette frange d’handicapés. « Il n’y a aucune chance d’accéder au travail et à la scolarité dans nos villages, nos handicapés, dans ces coins reculés, n’ont que cette pension misérable de 4 000 Da attribuée par l’Etat, mais qui ne peut répondre à leurs besoins ». Notre interlocuteur reconnaît que la facture est lourde, surtout pour les jeunes filles handicapées issues de ces régions éparses, du fait qu’elles sont souvent rejetées, même par la société. Une réalité amère qui fait que certains parents d’enfants handicapés, surtout du sexe féminin, enferment leurs enfants et les empêchent d’aller dans les lieux publics sous prétexte qu’ils leur font honte. Ce qui explique en grande partie que certains de ces malheureux ne soient pas scolarisés. Quant à ceux qui ont pu bénéficier du droit à l’éducation, ils voient le couronnement de leurs études en pointillés, ils ont peu de chance de décrocher un emploi qui puisse leur assurer une insertion dans la vie active. Parler d’activités sportives ou culturelles au profit de ces inadaptés sociaux, victimes de la non application des lois du pays, de la bureaucratie et parfois du rejet social, cela laisse présager le cauchemar à ces handicapés des régions montagneuses.

Nadir Touati