Le petit oued de Tizerbiline, qui prend source des flancs de la région de Tassedart, dans la commune d’Ath Mansour, est transformé en égout à ciel ouvert.
Ce ruisseau, où devraient ruisseler uniquement des eaux pluviales ou des sources naturelles, est devenu, avec la pollution galopante dans la localité le réceptacle de toutes les ordures ménagères et des eaux usées. Celles-ci suintent à travers un ravin profond qui débouche directement sur l’oued Amarigh, lequel se trouve, à son tour, débordé par les ordures. Durant la campagne oléicole, les huileries de la région déversent à Tizerbiline de grandes quantités de margine mélangées avec les eaux usées ménagères. Les rejets des fabriques de matériaux de construction, implantées dans les environs, viennent se greffer en compliquant davantage la situation, ce qui fait un coup dur à la nature. Ce ruisseau, qui traverse la RN5 et un chemin secondaire, dégage des odeurs nauséabondes qui agressent les narines, tout au long de son parcours. Le plus grave dans tout cela, c’est que ce petit cours d’eau passe à proximité de dizaines d’oliviers, ce qui constitue un danger pour les consommateurs de l’huile de ces arbres, du moment qu’elles absorbent cette eau hautement polluée. Comme nous l’avons constaté sur un ponceau au-dessous duquel passe ce ruisseau, les eaux sont noirâtres et pestilentielles, preuve d’une pollution avancée. Les riverains vivent, chaque jour, avec ces miasmes qui empestent sur des dizaines de mètres à la ronde. Comme nous le dira ce jeune villageois: «Nous endurons le calvaire à cause de ce ruisseau, qui passe à moins de 50 mètres de chez nous. En été les moustiques et les mauvaises odeurs envahissent les lieux. La santé publique est sérieusement menacée».
Y. S.

