Elle a élu domicile au niveau de la bibliothèque communale – La caravane du « Mois du patrimoine » s’invite à Tizi Gheniff

La nouvelle bibliothèque communale de Tizi-Gheniff, qui avait été inaugurée le 15 juillet 2013 à l’occasion de la célébration du cinquante et unième anniversaire du recouvrement de l’indépendance et de la fête de la jeunesse, n’a connu ses débuts d’activités que dernièrement, à l’occasion de la commémoration des massacres du 08 mai 1945. Ainsi, pour cette seconde activité en moins de quarante huit heures, cette  nouvelle structure culturelle a ouvert ses portes pour recevoir la caravane du mois du patrimoine qui s’inscrit dans le cadre de la promotion du patrimoine culturel de la wilaya de Tizi-Ouzou, à travers le numérique, initiée par la direction de la culture. Ainsi, durant toute la journée de ce samedi, des  centaines de personnes s’étaient déplacées sur les lieux, notamment la masse juvénile, les lycéens, les collégiens ainsi que de nombreux citoyens intéressés par ce thème. « Je crois que c’est une nouvelle ère qui s’offre  pour Tizi-Gheniff, sur le plan culturel, car avec une telle structure et tout l’attachement de la direction de la culture de Tizi-Ouzou pour promouvoir la culture en général au sein de notre localité je peux affirmer, sans me tromper que beaucoup de choses vont changer  à commencer par le recul de l’ignorance, en premier lieu », nous confie cet enseignant avec le sourire. Par ailleurs, les visiteurs ont été subjugués non seulement par la qualité de l’exposition, qui contraste avec celles des autres associations, mais surtout par la projection virtuelle des sites du patrimoine de la wilaya de Tizi-Ouzou à ne citer que Tigzirt et Azzefoun. « Je crois qu’à notre âge, nous  n’avons pas encore conscience du caractère que revêt le patrimoine culturel soit matériel soit immatériel, car dans nos villages, il n’y a pratiquement aucune famille qui se soucie  de la préservation de son patrimoine, aussi minime soit-il », nous déclare timidement cette jeune lycéenne qui ambitionne de devenir archéologue. Au demeurant, plusieurs visiteurs n’ont pas hésité à nous approcher pour nous déclarer avec regret que la daïra  de Tizi-Gheniff ne compte aucun monument, ni aucun site classé au patrimoine de la wilaya alors  qu’ils  en existent. « C’est vrai qu’on est un peu jaloux en voyant toutes ces belles photos, tous ces sites historiques qui donnent un prestige certain à leurs localités, mais il est grand temps, pour nous, citoyens de la daïra de Tizi-Gheniif de faire quelque chose dans ce domaine, bien que certaines constructions aient complètement disparu à cause de l’ignorance des responsables de cette époque qui étaient pour la plupart des analphabètes, surtout en ce qui concerne la période coloniale : il n’y a qu’à citer l’ancienne église de Tizi-Gheniff, la  statue du soldat inconnu, alors qu’à M’Kira, on parle du cimetière des « Iokviyène » (les compagnons de Sidi Okba Ibn Nafaa), en référence aux premiers arabes venus en Kabylie et dont une grande partie fut exterminée à Tamdikt. Ainsi, le nom donné à M’Kira aurait pour origine, sans aucun doute le mot arabe « El Makirine » ou « Makr ». La maison natale du héros de la révolution et chahid, le feu colonel Ali Mellah, dit » Si Chérif », aurait pu être érigé en musée comme le furent celles de son compagnon Krim Belkacem à Tizra Aissa ou encore  Si hadj Allel ou les Ben Zamoum qui s’étaient opposés aux turcs durant toute  leur présence en Algérie » a tenu à nous confier ce cinquantenaire qui tient à se faire délivrer une carte d’adhésion à cette bibliothèque.

Essaid  Mouas