L’association culturelle Ithvir n tlelli de Selloum a organisé un programme d’activités varié pour célébrer le mois du patrimoine culturel. Lundi dernier, une riche exposition de photos, des objet usuels ancestraux, une projection de films documentaire ayant trait à l’historique et les traditions de ce village, plusieurs fois centenaire, ont eu lieu dans la plus ancienne maison traditionnelle du village que le propriétaire a mis gracieusement à la disposition de l’association. Pour la réussite des activités organisées, elle a fait appel à une équipe d’archéologues et d’historiens exerçant à la direction de la culture de la wilaya de Bouira, les notables du village et le mouvement associatif. La cérémonie a débuté par des repas traditionnels, composés de couscous préparé de diverses façons : le couscous avec des herbes comestibles dénommé « ameqfoul », le couscous avec des œufs et du poulet accompagné d’un autre ancien plat thaasvant, servis dans du grand plat en poterie (thavaqith) arrosé de lait caillé ramené dans des cruches ( thavechkurt). Dans l’après-midi, une visite guidée a été organisée à travers le village. Elle a été marquée par des haltes au niveau de nombreux vestiges anciens dont des maisons anciennes, des ruines d’huileries ou moulins dont ne subsistent encore que les meules en pierres et l’emplacement et bien entendu thajmaat. C’est aussi une occasion de constater que de très anciennes habitations, dont quelques-unes sont encore occupées, tombent en ruine en plein milieu du village, notamment au quartier Thamyine, ce qui constitue un véritable danger pour les citoyens. Un cas sur lequel doivent se pencher les pouvoirs publics pour éviter l’irréparable. Le président de l’association culturelle Ithvir n tlelli, M. Azzout Saïd, a montré aux visiteurs de nombreuses maisons qui ont servi de refuge au fidayînes durant la guerre de libération nationale dont des caches et abris souterrains sont encore visibles. Notons, enfin, que la maison traditionnelle qui a abrité ces activités est en elle-même un monument historique qui renferme un pan entier de la mémoire collective qui relève le mode de vie de nos ancêtres avec sa grande pièce réalisée en pierre et d’une toiture en tuile soutenue par des poutres en bois dotée des deux soupentes agrur et thissi qui se font face. Au-dessous du premier, il y a adaynin où sont parqués la paire de bœufs et l’âne et sous la seconde le métier à tisser tandis que sur la façade principale est aménagé adhekan sorte de potager, où est rangé la vaisselle et au-dessous duquel se trouvent des jarres contenant l’huile et sur les deux extrémités les akhoufis où sont aménagés les provisions de céréales et de figues. Avant de quitter les lieux, le président de l’association a avoué qu’il attend une délégation d’une boite de communication d’Alger relevant du ministère du Tourisme qui a confirmé sa venue.
Oulaid Soualah
