Les anciennes citernes d’eau seront-elles réhabilitées ?

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Baptisée au nom du Chahid « Hellal Hanou », l’école primaire du village Tighilt Oukerrouche est le premier et unique établissement d’enseignement à être érigé dans le douar de M’Kira par le colonialisme et son ouverture remonterait à l’année 1900. L’école se composait alors de deux classes et des logements de fonction. Cet établissement scolaire sera incendié par les maquisards, à la fin de l’année 1955, et ne sera réhabilité qu’en 1969. Au demeurant, presque la totalité des locaux sont toujours utilisés alors que dans les autres villages, peu de ces locaux, de ce temps, sont encore en fonction. Cependant, de nombreux vieux villageois qui appellent toujours cette école par le nom de son premier directeur, à savoir M. Couvignou ou « l’école Couvignou », n’arrivent pas, par contre, à admettre que les anciennes citernes d’eau soient rendues complètement inutilisables alors qu’elles peuvent rendre toujours un grand service à cette école, d’autant plus que ce liquide précieux est rare à M’Kira et ne coule que parcimonieusement dans les robinets. « Lors du bitumage de la cour de récréation, il y a maintenant quatre années, qui est une très bonne chose, ni l’entreprise ni le directeur en poste à cette époque-là ne s’étaient souciés de prendre soin des trois citernes d’eau déjà existantes. De ce fait, le goudron avait été posé en bouchant les ouvertures de ces réservoirs, ce qui fait que les élèves ne savent pas, maintenant, qu’il y a sous leur pieds un vrai patrimoine qui s’y cachent, c’est vraiment triste », nous confie Aami Slimane qui accompagne quotidiennement ses petits enfants devant le portail de l’école, avant d’aller retrouver ses amis au café du stade. Par ailleurs, notre interlocuteur qui avait fréquenté cette école dans son enfance, en vrai autodidacte, nous renseignera un peu plus sur ces citernes souterraines en disant : « Ces citernes datent sûrement de 1930, donc cela fait exactement quatre vingt quatre ans, d’autant plus qu’on avait retrouvé l’avis d’adjudication lancé à cette époque-là et que j’ai fini par apprendre par cœur, où avait été porté : le 16 avril 1929 à 8heures et demi du matin, il sera procédé à la préfecture d’Alger (salle du conseil de préfecture) à l’adjudication par soumissions cachetées, des travaux de construction d’une citerne à l’école indigène de Tirilt Oukerrouche de la commune mixte de Draa El-Mizan, détaillés ci-après : travaux de l’entreprise 51 126 frs, somme à valoir 5 274 frs, cautionnement provisoire 1250 frs et cautionnement définitif 1250frs. On peut prendre connaissance du projet, tous les jours ouvrables, dans les bureaux de la préfecture, au service des archives de 8h à 11h, ainsi que dans celui de M. Bienvenu, architecte au 8, rue Michelet, Alger. Les candidats à l’adjudication devront présenter à cet architecte les pièces réglementaires, dans les délais prescrits par l’affiche annonçant l’adjudication ». Notre interlocuteur nous apprendra aussi qu’en fait, il y eut la construction d’une grande citerne et de deux autres plus petites et qu’il appartient au chef d’établissement ainsi qu’aux autorités locales de préserver ce patrimoine qui n’est pas difficile à entretenir.

Essaid Mouas

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