Rien ne va plus à la polyclinique de Ouadhias, à quelques 35 kilomètres de la ville des Genêts, selon les conclusions de l’inspection inopinée effectuée, avant-hier, par le directeur de la santé et de la population (DSP), le Dr Gaceb, et le directeur de l’EPSP de Ouacifs, M. Ammarkhoudja Nacer, après la pose de la première pierre du projet de réalisation de l’hôpital de 60 lits dans la même région.
Les deux directeurs sont tout simplement effrayés par le lamentable état dans lequel se trouve la structure de la santé qui n’arrange ni le patient, ni le personnel d’où, jugent-ils, la nécessité d’une intervention urgente pour y remédier. Il est à rappeler que la structure en question, rattachée administrativement à l’EPSP de Ouacifs, qui a ouvert ses portes, en 1981, assurent des soins à une population dont le nombre dépassent les 80 000 habitants, venant des quatre communes relevant de Ouadhias, voire même des daïras limitrophes. Elle fonctionne 24/24, avec le strict minimum. Le chef de service, le Dr Idjourdikhen, et le surveillant médical de la structure nous ont fait visiter tous les services. « Nous souffrons terriblement de l’état des lieux de cette polyclinique et du manque de moyens », avance le Dr Idjourdikhen. Premier point inspecté est le pavillon des urgences. Les deux responsables s’accordent à dire que le service accuse un manque de matériel, tel que l’autoclave, scialytique… et d’hygiène. Ici, les deux responsables ont reçu des explications par les responsables de la polyclinique et le personnel. « Comment peut-on assurer une garde avec un manque de médicaments d’urgence ? Comment peut-on assurer une bonne hygiène avec seulement quatre femmes de ménage dont deux vacataires et une recrutée dans le cadre de l’AIG ? », rétorquent-ils. Le DSP de Tizi-Ouzou a promis de doter ce service de moyens nécessaires pour le faire fonctionner convenablement. « On dispose d’un méteil neuf. Pour quoi utiliser encore ce matériel vétusté ? », disent-ils. Au premier étage, un service réservé pour la vaccination, consultation enfant, le DSP et l’EPSP ont constaté des dégradations tous azimuts ! Les services sont encore en chantier, étanchéité les murs lézardés, fenêtres et portes des sanitaires dégradées. À ce sujet, le Dr Idjourdikhan affirme que « les travaux d’aménagement ont été entamés, depuis novembre 2012, au niveau de la polyclinique et sont toujours en cours à ce jour. L’entreprise en charge des travaux n’a plus donné signe de vie, depuis 4 mois ». « Les travaux de réaménagement au rez-de-chaussée des deux blocs sont achevés avec quelques réserves relevées. Quant au 1er étage, il est toujours en chantier d’où la fermeture des services de la PMI et consultation pédiatrique », avance-t-il. M. Ammarkhoudja Nacer, le nouveau directeur de l’EPSP de Ouacifs, se demande : « Mais pourquoi ce retard. L’entreprise doit reprendre les travaux immédiatement. La polyclinique ne peut pas continuer de fonctionner dans cet état chaotique ! ». Le DSP nous fait savoir que l’entreprise l’a convoqué au siège de sa direction en vue de relancer les travaux. « Le problème de l’entreprise sera réglé dans peu de temps», promit-il. Le Dr Gaceb, de son côté s’interroge : » Comment arrivez-vous à travailler dans ces conditions lamentables? « .
Un laboratoire sans réactifs
Au service du laboratoire, le personnel a soulevé le manque des réactifs pour les analyses ainsi que d’autres matériaux de laboratoire. « Il n’y a pas de manque de réactifs, ni à Ouacifs, ni encore ailleurs. Si les produits de laboratoire manquent, c’est la volonté des personnes qui manquent. Je ne veux plus entendre le mot manque ! L’Etat a mis le paquet et nous devons prendre en charge nos patients », lança le DSP. Dès demain, ajoute-t-il, « il faut demander aux concernés d’y remédier et si ce problème perdure encore appelez-moi pour que j’intervienne personnellement ». À la pharmacie de la structure, M. Gaceb et M. Ammarkhoudja ont constaté de visu le manque des produits approvisionnés. « Nous avons constaté un énorme manque de produits pharmaceutiques. Nous vous demandons d’envoyer une liste de vos besoins pour que vous ayez votre lot de médicaments », ont-ils insisté. Les médicaments y en a et les moyens sont là. Nous allons conjuguer nos efforts pour remédier à ces insuffisances. Par ailleurs, d’autres services ont été visités par les deux responsables et un constat peu reluisant a été établi : le manque de matériel, la manque d’hygiène ainsi que le manque de médicaments et d’ingrédients. Ici, le DSP a demandé de réunir tout le personnel et de faire l’inventaire pour la pharmacie, de recenser tout le personnel et de discuter avec eux dans l’optique de cerner tous leurs problèmes. « Je constate que le personnel ne met pas de badges et parmi les 24 points du ministre de la Santé celui-ci est une obligation pour identifier le personnel », lança-t-il. Le Dr Gaceb a exigé d’acheminer le matériel vétuste vers la direction pour le remplacer. Une autre réunion a été prévue dans la journée d’hier à la même structure.
Le personnel a signalé la nécessité de mettre en place un personnel spécialisé qui assurera la sécurité car plusieurs médecins et infirmiers ont été agressés à l’intérieur de la structure, notamment durant la nuit. « Nous sommes agacés, agressés par les patients, à maintes reprises. Certains se retrouvent en justice et personne ne s’est inquiété de leur devenir », réplique un infirmier. Les deux directeurs se disent conscients de ce problème. « Nous sommes là pour porter notre touche et améliorer les conditions socioprofessionnelles de tout le personnel. Il faut justement commencer par mettre en place un mécanisme de travail pour un bon fonctionnement et le reste viendra ensuite».
La polyclinique dispose de deux ambulances actuellement en panne. M. Ammarkhoudja dira que ce problème se résoudra incessamment. « On procèdera à la réparation de ces ambulances et nous allons, pour quoi pas, doter la structure d’une autre neuve ». Pour le Dr Gaceb, le problème d’ambulance ne concerne pas uniquement Ouadhias. « Le ministre de la Santé a promis de remédier à ce problème bientôt ». À la fin de la réunion, les deux responsables ont convenu d’autres initiatives, dans les jours à venir, afin d’améliorer les prestations de service au niveau de la polyclinique.
A. G.

