Les maires des 67 communes de la wilaya de Tizi-Ouzou ont soulevé, hier, certaines insuffisances qui rendent difficile l’exécution des projets destinés à améliorer le cadre urbain de leurs cités.
Les présidents des APC ont surtout mis l’accent sur la faiblesse des financements qui leur sont octroyés, conjuguée à la carence des entreprises chargées des réalisations. Trois directeurs de l’exécutif de la wilaya, à savoir celui de l’urbanisme, des Travaux publics et des ressources en eaux, ont été confrontés, hier, aux maires des communes de la wilaya, sous l’égide de l’APW, qui les a rassemblées pour un face-à-face, en vue de débattre des programmes de l’amélioration urbaine. Les programmes en perspective, dans lesquels sont impliqués plusieurs directions et services de l’Etat, ont englouti 24,7 milliards de dinars entre 1999 et 2014, dont 22 milliards de dinars ont été débloqués entre 1999 et 2013. La répartition de cette somme à travers des projets visant à améliorer le cadre de vie des populations des communes, en matière de routes, d’assainissement, de raccordement aux réseaux électriques et d’eau potable, d’éclairage public et d’aménagement des espaces publics, entre autres, a été très critiquée par les édiles communaux. « Est-il rationnel qu’une commune comme la mienne, de 22 000 habitants, répartis sur 16 villages, ne bénéficie que de 600 millions de centimes pour la réalisation de l’éclairage public ? », s’est interrogé Saïd Boughedda, maire d’Ait-Yahia Moussa. Pour celui-ci, qui est issu d’une commune souffrant des affres de l’insécurité liée notamment au terrorisme, « la dotation budgétaire ne s’est pas faite selon des normes, car elle n’émane pas d’études techniques sérieuses et rationnelles ; sinon est-il normal qu’une commune, que je ne citerai pas, puisse bénéficier de 3 milliards de dinars pour l’extension de son réseau d’éclairage public, alors que notre commune, qui n’en a jamais bénéficié ne reçoit qu’un cinquième de cette somme ! ». Le même intervenant déplore aussi la non-réalisation d’un projet d’œuvre d’art, « inscrit en 2008, sans qu’il ne soit réalisé à ce jour. » M. Boughedda se plaint, par ailleurs, du fait qu’« il est devenu impossible de résilier le contrat d’avec l’entreprise devant réaliser le projet. » Le directeur de l’urbanisme a été de fait, mis en accusation par ce maire sur le retard mis dans la réalisation de ce pont. « Je vous promets ici que cet ouvrage sera réalisé et achevé avant la prochaine rentrée sociale. », a rétorqué le DUC, Mohamed Labrèche. Mais celui-ci a été également taclé par le vice-président de Bouzeguène, M. Djaoui, en déclarant devant l’hémicycle que « si ce n’est les bonnes relations que nous entretenons avec le personnel des services de la DUC, on n’aurait jamais été ni informés sur les projets ni bien servis. » Cet élu qui met le doigt, sans vraiment se rendre compte, sur le harassant problème de la bureaucratie qui sévit toujours dans certaines administrations, n’a pas omis de réclamer, haut et fort, de « réviser à la hausse les dotations budgétaires pour pouvoir réaliser les projets inscrits dans le cadre des programmes de l’amélioration urbaine ». Il sera d’ailleurs soutenu par tous les maires qui sont intervenus après lui, réclamant plus d’argent, non sans remettre en cause ce qu’ils considèrent comme « irrationnels dans les dotations aux communes. » Amar Chaffa, le maire d’Aït Zmenzer, n’est pas allé par trente-six chemins pour dire tout haut ce que lui et ses homologues des communes les moins dotées pensent tout bas : « Donnez-nous de l’argent et venez nous demander des comptes ! ». Une seule phrase de ce maire aura amplement suffi aux représentants de l’exécutif de wilaya et au président de l’APW, M. Hocine Haroune, pour bien comprendre ce que les édiles, qui se sont regroupés hier, veulent pour améliorer le cadre de vie de leurs concitoyens et refaire le cadre urbain de leurs cités.
M.A.T

