Sellal après l’adoption jeudi du plan d’action du Gouvernement à l’APN – « L'Etat ne renoncera jamais à l'unité nationale »

Dans une conférence de presse organisée jeudi à l’issue de l’adoption du plan de travail de son gouvernement pour le prochain quinquennat, le Premier ministre Abdelamalk Sellal est revenu sur les grandes préoccupations des députés, émises durant les quatre jours de débats que l’hémicycle a abrité.

Entre autres questions sensibles et qui ont trait à la notion de la réconciliation nationale, et particulièrement la constitutionnalisation de celle-ci, le Premier ministre a indiqué que si ce dossier n’est pas clos, il n’en demeure pas moins que ce processus est en réalité «un acte civilisé» et qu’il ne se limitait pas dans le temps. Et d’ajouter, pour mieux faire comprendre que l’Etat compte aller jusqu’au bout de ses engagements, que « ce volet renferme encore des lacunes », que l’Etat œuvre à combler, a-t-il ajouté rappelant que « la semaine passée, le président de la République a donné une instruction pour « lever l’interdiction de sortie du territoire national au profit de certaines personnes ».

«Nous devons nous réconcilier pour bâtir une Algérie authentique»

Toujours à propos de la réconciliation nationale, le Premier ministre a évoqué la question des disparus en affirmant : «D’autres questions restent à traiter, comme celle des disparus ». Et d’affirmer que « tous ceux ayant déposé un dossier dans ce sens ont reçu une réponse, qu’il s’agisse de renseignements ou de prise en charge financière. Cependant, il existe toujours des lacunes et le travail se poursuit ». Ainsi, pour Abdelmalek Sellal, la construction d’un Etat fort dépend de la capacité de ses citoyens à se réconcilier pour mieux appréhender l’avenir. C’est pourquoi il a fait appel, jeudi, aux Algériens, pour la réconciliation, condition sine qua non pour «construire une nation algérienne authentique», avant de conclure le sujet en affirmant aux journalistes présents à l’hémicycle à l’occasion de l’adoption du plan de travail du Gouvernement : « Nous devons nous réconcilier et apprendre à coexister ».

«L’officialisation de Tamazight ? Oui, mais une fois dotée d’instruments pédagogiques modernes»

Abordant la question de l’officialisation de Tamazight, Abdelmalek Sellal a indiqué qu’il est plus que nécessaire de « doter l’enseignement de la langue amazighe d’instruments pédagogiques modernes, pour la hisser au niveau qui lui sied dans la société», avant d’ajouter que ce préalable lui permettra d’occuper la place qu’elle mérite. Ce qui suppose que la question de l’officialisation répond strictement à des considérations techniques. Car, pour Abdelmalek Sellal, «il serait difficile, et même compliqué d’officialiser Tamazight, alors que sur le plan académique, on ne maîtrise même pas son enseignement au niveau de l’école».

«Le découpage administratif sera tranché à la fin de l’année en cours»

Interrogé à propos du projet de découpage administratif, promesse faite lors de la campagne électorale pour la dernière présidentielle, Abdelmalek Sellal, a indiqué que « le dossier sera tranché au cours du troisième trimestre de l’année en cours, sur la base d’une étude ». Et de préciser que ce découpage, qui nécessitera d’importants moyens financiers, concernera dans un premier temps, selon les instructions du président de la République, les régions du sud et des Hauts plateaux. Sur le plan de l’enveloppe financière que cette opération nécessitera, Abdelmalek Sellal a indiqué : « Le lancement du projet à la fin de l’année en cours coïncidera avec le budget de l’année 2015». Et d’ajouter qu’une fois mis en route, il permettra de «créer de nouveaux postes d’emploi, notamment dans les régions du sud et des Hauts Plateaux, et de faciliter l’implication des cadres et des compétences locales dans la gestion administrative locale».

«Il n’y a pas de problème grave à Ghardaïa»

Concernant les événements de Ghardaïa, Sellal a affirmé que l’Etat n’a pas manqué à son devoir de rapprocher les habitants de la vallée du Mzab. «Nous avons tenté de rapprocher les habitants de la wilaya», a-t-il dit. Aussi, il a pris l’engagement solennel de retourner à Ghardaïa qu’il déjà visitée lors de son périple à travers le pays, afin a-t-il précisé de «discuter avec nos frères et tenter de trouver des solutions». Le Premier ministre, qui accorde à la question de la sécurité et de la stabilité une place prépondérante, a indiqué que «l’Etat a assuré d’importants moyens», pour le rétablissement de la sécurité à Ghardaïa, et poursuivra ses efforts dans ce sens. Et d’ajouter que, selon lui, le problème sera réglé persuadé qu’il est que «les habitants de cette wilaya sont conscients de leur appartenance à une même patrie», a-t-il rappelé. Abordant, cette fois-ci, l’implication de l’Etat pour trouver une solution définitive à ce problème qui perdure, Abdelmalek Sellal a fait savoir que « l’Etat ne renoncera jamais à l’unité nationale, quel que soit le prix à payer, et prônera le dialogue, la concertation et la tolérance », a-t-il soutenu, avant de tenter de minimiser le problème en assénant : « Il n’y a pas de problème grave entre les Ibadites et les Malékites à Ghardaïa ». Il soulignera que la principale cause de ces incidents est le fait que « des jeunes avaient une vision différente, et cela outre l’intervention d’organisations non gouvernementales (ONG) dans cette affaire ». «Je peux affirmer qu’il n’y a pas de fossé entre les deux communautés», a-t-il dit, indiquant que «l’Etat continuera à aider les habitants de cette wilaya et à prendre en charge leurs préoccupations socio-économiques».

Ferhat Zafane