Même si la vallée est à vocation céréalière de premier rang, cela ne veut pas dire que les autres cultures sont négligées. La superficie plantée de pomme de terre a quelque peu diminué cette année, mais pas moins de 42 hectares ont été semés. Environs 21 ha de pomme de terres de consommation ont été déjà récoltés ainsi que neuf autres de celle utilisée pour la multiplication. Quant au rendement, il est considéré assez bon par les maraîchers. » C’est la semence qui manque beaucoup. Malgré l’insuffisance des eaux pluviales, le rendement est bon », nous confiera un maraîcher. Son prix varie, pour le moment, entre 35 et 45 dinars. Sitôt la saison de fenaison achevée, la place est laissée au melon et à la pastèque. D’ailleurs, ces dernières journées, beaucoup de jeunes adolescents sont employés comme saisonniers pour la culture des légumes et fruits. » Ils sont payés à la journée », nous dira l’un de ces agriculteurs. De loin, on voit des dos courbés se donner à cette tâche ô combien pénible. » C’est un moyen de gagner l’argent de poche d’autant plus que nous sommes en été. On a besoin d’aller à la plage et puis c’est le Ramadhan qui arrive, il nous faut de l’argent », nous dira ce jeune homme accosté devant un champ de plusieurs hectares déjà planté. Les petits fellahs, eux, s’adonnent à la plantation de la pomme de terre, du piment et autres herbes aromatiques. » Nous avons cette retenue collinaire tout près de chez nous. On cultive juste un petit potager, mais quand la récolte est abondante, on vend des légumes. Cela nous permettra de joindre l’utile à l’agréable », nous répondra ce fermier habitant à quelques encablures de la retenue d’eau de Boufhima. Des jeunes adolescents sont attirés par ce genre de plantations. Deux lycéens ont exploité une superficie pour cultiver des plantes aromatiques. » Quand on les prend en charge, c’est un gain total. L’an dernier, mon camarade et moi avons gagné une somme très importante qui nous a permis de nous occuper des dépenses de la rentrée scolaire. Nous avons aidé nos parents en vendant ces plantes au marché de la ville de Draâ El Mizan », nous confiera Ahmed, l’un de ces deux adolescents. N’est-il pas temps de donner la place qui revient à l’agriculture dans notre pays ?
Amar Ouramdane
