C’est devenu une tradition au sein de l'association «Amgud» de Draâ El-Mizan. Depuis maintenant six ans, elle décerne à chaque commémoration de l'assassinat de Lounès Matoub, le grand chantre de l'Amazighité, qui coïncide avec le 25 juin, son prix contre l'oubli.
à l’occasion de ce 16e anniversaire, un programme riche et varié a été concocté par les responsables de l’association, en collaboration avec l’APC de Draa El-Mizan. Pour la journée du 24 juin, en plus d’une exposition d’articles de presse relatant le parcours et l’engagement du Rebelle, une conférence sous le thème : « L’unité nationale dans le répertoire et le combat de Lounès Matoub », sera animée, dans la matinée, à la salle de conférences de l’APC, conjointement par M. Said Chemakh, professeur à l’université et militant de la cause amazighe, et M. Rachid Mokhtari, journaliste et écrivain. Les conférenciers reviendront, donc, sur la place que le Barde assassiné a donné à l’unité nationale durant tout son combat, et ce, jusqu’à son assassinat un certain 25 juin 1998 sur la route d’Ath Douala, au lieu-dit Tala Bounane. Pour l’après-midi, c’est le prix « Matoub Lounès, contre l’oubli », dans sa septième édition qui sera décerné à trois personnes en présence de représentants de la Fondation Matoub Lounès. « Pour cette année, nous avons fixé notre choix sur trois victimes de terrorisme. Il s’agit du psychiatre, le professeur Mahfoud Boucebci, assassiné le 15 juin 1993 devant l’hôpital Drid Hocine de Kouba (Alger), d’Ahmed Asselah assassiné avec son fils Rabah le 05 mars 1994 à l’intérieur de l’Ecole supérieure des beaux arts d’Alger qu’il dirigeait, et d’une femme courageuse de la région en la personne de Mme Labou née Matmar Sadia », nous confiera M. Karim Larbi, président de l’association Amgud. Pour la journée du 25 juin, il y aura comme à l’accoutumée le dépôt d’une gerbe de fleurs devant la stèle dédiée au Rebelle juste en face du lycée Ali Mellah et à proximité de la poste, qui sera suivie d’une minute de silence à sa mémoire et à la mémoire de toutes les victimes de la démocratie et de tous les martyrs. Ensuite, des bus prendront la direction de Taourirt Moussa où un recueillement sur sa tombe et un arrêt à l’endroit même où il a été assassiné sont prévus. C’est du moins le programme qui nous a été remis en attendant peut être son enrichissement d’ici cette date. Pour rappel, le sixième prix a été décerné à trois grandes personnes qui ont marqué leur temps par leur combat amazigh et leur engagement sur la voie des libertés démocratiques. Il s’agit du dramaturge Mohia ou Mohand U Yahia, de son vrai nom Abdellah Mohia, du grand militant Mohamed Haroun et de Bessaoud Mohand Arab, militant de la cause et fondateur de l’Académie berbère « Agraw Imazighen » au début des années 70. Selon les organisateurs, une pléiade d’hommes de lettres et d’artistes sont invités à cette commémoration.
Amar Ouramdane

