Selon plusieurs citoyens et observateurs, la saison estivale 2007 à Tigzirt serait un semi-échec comparativement aux objectifs qu’on pensait pouvoir atteindre. La déception est grande particulièrement chez les commerçants. Hormis quelques rushes durant les week-end et lors de certaines journées caniculaires, Tigzirt ou l’antique Iomnium n’a pas connu un grand afflux d’estivants. Ces derniers peuvent être classés en deux catgories ; Il y a ceux qui viennent pour la journée, qui passent quelques heures sur la plage et qui repartent le soir, tout en dépensant et en consommant sur place le moins possible. Ces citoyens sont généralement des résidants dans les régions limitrophes. L’autre catégorie et qui a de l’impact sur la saison, est celle qui séjourne entre une semaine et plusieurs dizaines de jours à Tigzirt. Il s’agit généralement de familles qui louent des appartement ou des studios chez des particuliers, ou encore des groupes organisés, à l’exemple des camps familiaux, ou des colonies de vacances qui s’installent à Tigzirt le temps d’une saison. Les commerçants sont donc les premiers à ressentir la mauvaise gestion de cette saison. « La saison a été faible » nous a déclaré Amar le gérant d’une gargote sur la plage. Le constat est partout le même chez les commerçants de la ville. Sur les raisons des faiblesses de cette saison, les commerçants évoquent plusieurs insuffisances dont souffre la ville depuis longtemps : « Il y a des coupures d’électricité, le problème de l’eau, l’absence d’animation, etc ». En effet Tigzirt, ville aux sites pittoresques, souffre de problèmes contrariant le bon déroulement de la saison. Bien qu’une station de dessalement ait été réalisée, le problème des coupures d’eau perdure. « Des familles ont loué chez des particuliers en payant à l’avance le prix de la location. Au bout de quelques jours, elles ont tout abandonné et ont pris le chemin de retour, vu l’absence d’eau » nous a déclaré avec amertume le jeune Sofiane attablé à la terrasse d’un café. A signaler également que les autorités au niveau local ou wilayal n’ont tracé aucun programme d’animation pour la saison estivale. Toutes les nuits de Tigzirt se suivent et se ressemblent. Pour y pallier un temps soit peu, ce sont des particuliers, lesquels pour attirer plus des clients la nuit, organisent des soirées animées par des D-J aux abords des plages et sur le terre-plein du nouveau port. Tigzirt souffre aussi de l’isolement, vu la fermeture persistante du tronçon de la RN24 reliant Tigzirt à Dellys et ce pour des raisons jugées peu convaincantes.
En plus des autorités locales, les autres organismes chargés de la promotion de la région, à l’exemple de l’Office de tourisme, de l’Office de l’archéologie, du Comité des fêtes, etc., ne jouent pas leurs rôles. Au lieu de cela, ils restent confinés dans l’archaïsme et les vieux réflexes qui ne peuvent apporter un plus à l’épanouissement de la région. Il en est de même pour la société civile où le mouvement associatif ne s’est jamais impliqué. Ajouter à cela l’absence d’association des commerçant qui devrait être une force de proposition, capable d’éloigner cet immobilisme. Il est vrai qu’une association des commerçants existe, mais elle reste confinée dans un rôle archaïque et sans aucune efficacité. Les autorités ont attendu le début de la saison pour entamer les travaux d’aménagement des trois plages autorisées à la baignade. Cela a créé des désagréments au niveau de ces sites. Les travaux d’achèvement du projet du nouveau port, censé devenir l’un des nouveaux sites qui attirerait plus d’estivants, traînent depuis des années. De l’avis de nombreux observateurs et comparativement aux autres villes touristique du pays, à Tigzirt, on constate l’absence de qualité pour l’accueil des estivants.
Cette politique indispensable de nos jours, devrait être initiée et encouragée en premier lieu par l’association des commerçants qui devrait être mise sur pied. C’est ainsi que les saisons se suivent et se ressemblent, sans que l’on songe à engager une réflexion pour dégager un plan sérieux de gestion de cet événement, loin de la politique de bricolage et de l’improvisation.
Mourad Hammami
