Un plan ambitieux mais qui laisse sceptique

Un périphérique avec de nombreuses pénétrantes reliera, à partir du campus d’Aboudaou la RN 9 à la RN 75, la RN 12 à la RN 24 à la hauteur du village d’Ighil El Bordj en passant par Sidi Bouderhem et Boukhlifa, trois téléphériques, deux pour Gouraya à partir de la brise de mer et l’autre d’El Khemis et le troisième permettra de rejoindre l’agglomération de Tizi à partir d’Ighill Ouazoug, trois qui enjamberont l’oued Soummam, un tunnel à travers Gouraya pour rejoindre la côte ouest qui sera devenue d’ici là une zone touristique haut de gamme.

Concernant le transport, en plus de la bretelle qui rejoindra l’autoroute Est-Ouest et des dédoublements de routes nationales, il est prévu la modernisation et l’agrandissement de l’aéroport, le dédoublement et l’électrification de la voie ferrée, la mise sur pied d’un tramway à Béjaïa et la création de deux gares intermodales, l’une à Béjaïa et l’autre à El Kseur et dans les autres domaines plein d’autres projets tout aussi ambitieux les uns que les autres.

Alors que Béjaïa aura le statut de centre de commandement et El Kseur de grand pôle industriel, les autres communes, c’est-à-dire Tichy, Boukhelifa et Toudja, le plan les prévoit en zones naturelles de loisir et de récréation pendant que Oued et Tala Hamza deviendront des zones polyvalentes. Ce sont là les grandes lignes du PDAU (plan directeur de l’aménagement urbain) intercommunal de Béjaïa que les responsables de la société civile professionnelle d’architecte (Axxam) ont présenté dimanche dernier devant le wali, les membres de l’exécutif et les présidents d’APC des sept communes concernées.

Le plan dont la réalisation s’étendra jusqu’à l’horizon 2030 environ est aussi riche qu’ambitieux. Tous les domaines de développement sont passés au peigne fin, aussi bien l’économique, le socio-culturel que l’environnement. Le projet est intercommunal, parce que soulignent les animateurs de la conférence, les problèmes d’une commune se trouvent souvent dans une autre. Il en est ainsi du foncier, de la santé comme des transports ou du traitement des ordures ménagères. Mais ces perspectives de développement au lieu de redonner confiance et fierté aux citoyens des communes concernés les laisse plutôt sceptiques quand ils pensent aux milliers de pères de familles qui attendent des logements depuis plus de 20 ans, aux milliers de célibataires, la cinquantaine passée, qui espèrent un logement pour se marier, aux nombreux nids-de-poule qui restent des mois entiers béants au milieu de la chaussée sans qu’ils soient réparés, aux centaines de constructions spontanées qui poussent le long de la périphérie de la ville de Béjaïa sans que personne n’ose mettre un terme à l’anarchie.

B. Mouhoub